LE JOUR ET LA NUIT... (Ré)jouissances et résistances de Laurent Morancé... Carnets & Chroniques d'un auteur (presque) anonyme, esthète, épicurien et libertin, amoureux des arts et de la littérature, en guerre contre le Système...http://lejouretlanuit.zeblog.com/ |
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Laurent MorancéBlog créé le le 30/12/06 BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billetsPages![]()
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Sans nous...Par Laurent Morancé :: mercredi 27 juin 2007 à 20:31 :: 12 - Juin 2007
Photographie de Dahmane
Je te vois, tu es là, un quai de gare, les quais de gare sont les plus belles églises du monde, les plus tristes aussi (retour), les plus atroces parfois (anéantissement des étoilés), désert surpeuplé, ici tout est sec et technique, planifié, bruit, fureur, horaires, commerce, travail, touristes, je jette mes bagages à terre, légèreté je chéris ton nom, nous nous propulsons l'un vers l'autre, fusées, missiles, rampes de lancement, s'envoyer en l'air, à nous l'angélique virée, la divine affaire, nous sommes pris dans les plis, dans les replis, draps pas encore froissés, décor, musique, film (tiré d'un fait réel, comme ils disent), nous funambulons (verbe à inventer) sur la diagonale des sages, nous sommes des fous, toi la reine et moi le roi, nous sommes des êtres de cristal, des statues de sable, des roseaux de chair et de sang, nous sommes des revenants, des revenus, on a survécu, broyée la broyeuse ! fauchée la faucheuse ! nous sommes en feu, les pyromanes de nos propres flammes, nous vomissons les pompiers, nous sommes frappés, faibles, faibles et forts ( " C'est lorsque je suis faible que je suis fort ", écrit Saint Paul), jamais nous ne frapperons les fous, nous leur sommes reconnaissants de nous avoir enfanté dans le fumier de la vérité (crèche), nous sommes très raisonnables, dérèglement raisonné de tous les sens (Rimbaud), nous sommes les rejetés de leurs greffes, les infiltrés du Système, les ennemis du pire, les adversaires de la dépression, les combattants du beau et du bien, les conquérants du temps retrouvé (donc pas une minute à perdre), les avocats du plaisir, rien à branler des parties civiles, nous n'adhérons qu'aux parties, parties fines, partir-revenir, aller-retour, regards, mains, baisers, yeux humides, joues mouillées, quand on arrive en ville, nous marchons dans la ville, secrets, souterrains, rues, places publiques, talons hauts, robe fendue (tout ce qui est fendu n'est pas défendu), pudeur, provocation, bijoux, parfums, lumières, vitrines, et puis lèvres, ici, maintenant, nos langues, encore, et encore, et encore, notre langue commune, première langue, langue vivante, tu m'aspires, tu m'inspires, muse, ma muse, m'amuser, les escaliers, tes escarpins, ton espace, ton Toi, ton toit, ton chez toi, tour du locataire, tes confidences, tes douceurs, divan, coussins, on s'assied, champagne et fraises, bon anniversaire ma chatte, ouvre c'est pour toi, douche, savon, shampooing, bulles, mousse, flacons et coffrets, éponges et coton, repas (renseignement transmis par les SSS (Services secrets chargés des Sécrétions) : on se comporte à table comme au pieu, et inversement...), vaisselle (ça commence), quand on repart en ville, marcher (on règle beaucoup de trucs quand on marche), fuseaux horaires, réglages, quelle heure est-il, on a tout notre temps n'est-ce pas, le temps débarque, on le règle, brasserie, alcool (doses protectrices), cigarette, ton rouge à lèvres, là, sur le verre, le type d'à côté qui te regarde, il se caressera cette nuit (c'est un homme de goût), nos yeux canailles, nos sourires complices, des éclairs qui traversent la salle enfumée, qui défoncent les vitres, qui explosent les codes, qui renouvellent la circulation, qui dénoncent la machination, la foutent en l'air, le sang nouveau est arrivé, sang frais, sang chaud, sang froid, donne-moi ta cervelle, allonge-toi les fesses en l'air, changement d'air, la ville de nouveau, les grandes villes sont les nouveaux déserts de l'époque, retour de la folie, délires, vapeurs, mais quoi nous sommes raisonnables, pas d'angoisse amour, je tiens le système (Rimbaud), le monde manque cruellement de prostituées raisonnables, en addiction d'additions que nous sommes, éloge de la sagesse, nous dansons, nous chantons, nous sautons, nous rions, feux d'artifice, les flonflons du bal, ta main sur mon pantalon, ma bite tendue vers l'infini de l'éternel retour du fini, ma main sous ta jupe, le string nécessaire, ta mouillure, ton miel, tu es la reine des abeilles, ma bourdonnante de luxe, ma butinante de choix, je me lèche les doigts, le fleuve, le long fleuve, marcher encore, les étoiles, la lune, ta lune, ton cul, nous rentrons, pas feutrés, soie, velours, les enfants dorment, au loin les trains, tout est calme...
Tu t'es endormie mon amour, quelle fête ce fut, ton épaule veloutée, là, doucement... Je me lève sans faire de bruit. Sur la table du salon, un magazine. Café. Cigarette. Puis je feuillette leur poste d'aiguillage : la dérèglementation climatique, les offres du capitalisme, les affres de l'esclavage, les corruptions biologiques, les crises économiques, la marchandisation de la mort, la commercialisation des âmes...
Ce sera sans nous...
* Laurent Morancé
La soupe à la grimace...Par Laurent Morancé :: lundi 25 juin 2007 à 20:34 :: 12 - Juin 2007
Portrait non officiel de notre subliminal président de la République... Bleu-blanc-gris. Pluie par intermittence.
Des flics en faction, évidemment, et le quartier bouclé depuis l'aube...
Des journalistes triés sur le volet, accrédités et badgés, se pressent au portail de l'Elysée pour assister (participer ?) à la toute première conférence de presse du président de la République.
L'ambiance est chaude, survoltée, et pour cause... La salle des fêtes brille de mille feux, boiseries, lambris dorés, lustres... Tout est fin prêt pour le spectacle, espérons que ça ne va pas trop durer, le champagne est au frais, les petits fours harmonieusement disposés sur des plateaux d'argent...
Le Chef de l'Etat arrive, il s'assied sèchement, il écarquille les yeux, il grimace, il semble agité, il ne paraît pas à son aise, il est en sueur (déjà), retouche de la maquilleuse, moteur...
Ces derniers jours, une certaine presse mal intentionnée, selon l'entourage présidentiel, l'a tour à tour traité d'hystérique, de skizophrène, d'agité du bocal, de clown robotisé (ou lobotomisé, je ne sais plus), de secoué de la cervelle, de chef d'orchestre irascible, d'imbuvable patron de chantier naval, de critique gastronomique anorexique, de convoyeur mafieux de pierres précieuses, de président-directeur-général-avare-et-pauvre-nain (et antisémite et raciste avec ça), de gendarme énervé, de braconnier, de directeur injuste et poussif pour école de fils à papa... et même de chimpanzé électrique, pensez donc, avec toutes ses grimaces... Après la force tranquille la farce intranquille.
Bon, bien sûr, il agit (verbe à la mode), en tout cas il bouge beaucoup, pour brasser de l'air c'est un champion hors pair, les moulins tournent, c'est clair (expression à la mode), ils ne cessent de tourner, vive le vent nouveau même quand il vire à la vilaine bise, mais quoi vous souhaitiez de l'air frais vous en aurez donc pour vos frais... Et puis, que voulez-vous, il est drôle, très drôle, il est irrésistible, on l'a même vu faire rire quelque monstre glacial et moscovite (le contraire exact du célèbre fou rire Clinton - Eltsine), son rôle d'enjoliveur cynique et prétentieux, plein de lui-même, lui va comme un gant, du coup il ne prend pas de gant... Il est calculateur, direct, frondeur, frontal, habile, rusé, sinueux, stratège, parfois, c'est vrai, un peu bête, mais bon tout finit toujours par passer à la moulinette du temps qui passe... Il aime faire du vélo (dopé !) au bois de Boulogne (ah bon ?), il ne boit pas d'alcool (à d'autres), il aime aussi les belles femmes, mais là silence radio faute de preuve...
Avant d'en arriver là, il aura bûché comme un malade, si j'ose dire... Qu'il ménage son coeur, c'est tout ce qu'on lui demande, puisqu'il est maintenant avéré qu'il a du coeur, dixit son entourage...
Les questions fusent, il déballe, il s'emballe, il se déchaîne, il enchaîne, il salive, il saute, il souffle, il sue, il suinte, il s'excite, il exhorte, il explose, il contrôle étrangement la situation, il est incroyable, il est surtout improbable...
La situation économique et sociale ? Allez vous coucher. Les banlieues en ébullition ? Foutez-moi le camp. La construction europénne ? Je m'en fous. L'équilibre des forces en présence (salade) ? Qu'est-ce que vous dites ? La révolution écologique ? C'est pas possible ! Marianne ? Ma biche ! La Marseillaise ? Tea for two ! La gangrène terroriste ? C'est Fantomas... Et ainsi de suite...
Petit baigneur, va...
Leçon de choses...Par Laurent Morancé :: dimanche 24 juin 2007 à 23:40 :: 12 - Juin 2007
![]() PH Pomme de Pin (Artichoke) Design de Poul Henningsen (1958) Little Girl va mieux. Son petit pied gauche estropié de nouveau se met à trotter. Cette après-midi, dans un parc public... - Papa, on joue au foot avec cette pomme de pin ? - Non. - D'accord, alors je vais en ramasser plusieurs pour marcher dessus et tu vas entendre de belles musiques... * Laurent Morancé 1947 JOURS SANS ELLE... L'été s'ra chaud...Par Laurent Morancé :: vendredi 22 juin 2007 à 23:49 :: 12 - Juin 2007
Ciel bleu, presque blanc. Hélios vient de prendre ses quartiers d'été.
La saison chaude commence par le jour le plus long, la note cacophonique et pseudo-musicale d'un solstice désormais commercial, les flammes lécheuses et unanimes émises par les feux johanniques, les agences matrimoniales alcoolisées sous couvert de fêtes de fin d'année universitaire, de pots de départ en retraite, d'enterrements de vie de garçon ou de jeune fille, de soirées grillades en interne (les employés de la boîte, du bureau, du secteur, du service, du département, dans leurs exercices à la con de drague à deux balles desquels ô grand jamais la frigidité n'oserait avouer à la frivolité qu'elle est en fait sa soeur jumelle)...
Puis la saison chaude se développe et s'enveloppe...
Sur des plages bondées où les consommateurs (cons - sots - mateurs) s'engraissent à coups de grilles de mots fléchés, de romans ésotérico-policiers (quête du Graal et cadavre dans le Danube) ou encore de gras beignets à la compote de pommes au goût de ferraille ;
dans des banlieues bétonnées et chauffées à blanc d'où, parfois, les feux de poubelle et de voiture font office de feu d'artifice à l'envers (mais bon sang qu'est-ce qu'on attend pour leur offrir notre Quatorze Juillet ? On ne va tout de même pas relayer les droitsdelhommistes coupeurs de tête et trancheurs d'idéaux ?) ;
dans des villages étouffants tout à la gloire de leur fête patronale, de leur vide-grenier ou encore de leur son et lumière bouddhiste à la sauce médiévale ;
dans des festivals en chaleur d'où il n'est pas rare de croiser des somnambules abrutis, ahuris, qui se fardent et qui se fondent en jeunes révolutionnaires avant de vomir leurs larmes dans de tièdes flaques de bière desquelles émanent des vapeurs de haschich elles-mêmes filtrées par des résidus de pneu Michelin et des ersazt de fond de teint, ainsi que des bourgeois incultes et vulgaires - oui, je sais, les bourgeois ce sont toujours les autres -, écolos à temps partiel, qui s'altermondialisent de pique-nique bios en concerts de musique celtique sur fond de cervelles déshydratées et de braguettes blindées ;
chez des patriotes campeurs et salariés (" J'ai travaillé toute l'année. " ; " Je ne suis pas raciste mais [...] ") qui, remplis de somnifères cathodiques, produisent l'annuel et narcotique exploit des lacets de l'Alpe d'Huez à l'aide d'un vélo fictif dopé au Ricard, et/ou qui, avachis devant leur barbecue électrique, de préjugés de chiottes en propos de caniveau, sous-entendent que décidément ils ont du mal avec les arabes tout en n'omettant pas de se chatouiller la nouille le soir venu en fantasmant sur cette fatale beurette qui justement vient de s'installer dans la caravane voisine (vivement la vaisselle)...
Puis la saison chaude s'achève (et recommence) en septembre... On en reparlera...
Pendant ce temps-là, citoyennes et citoyens de grâce n'ayez pas peur, on s'occupe de vous et du reste (et des restes), les affaires continuent, les cours de la bourse s'emballent, les trafics s'intensifient, les charniers s'accumulent, les feux de forêt sont précisément inventés pour qu'on n'y voie que du feu... Et puis quoi Claire Chazal finira bien par retrouver le chemin des studios, les caméras, la capitale, avec un énième bronzage UMPisé et LOREALisé, écran total...
Mais alors tout est comme ça ? Tout est toujours comme ça ? Bien sûr que non voyons... N'oubliez pas ceci : toute la Gaule ? Non ! Un petit village de Gaulois...
Et puis, et puis, et puis...
Et puis Toi...
Oui Toi, l'insoupçonnée...
Toi qui donnes de l'essence à mon coeur et du sens à ma queue, Toi qui m'allumes et Toi qui m'éclaires, Toi qui m'embrasses et Toi qui m'embrases, Toi qui m'ébranles et Toi qui me branles, Toi la suceuse sacrée et Toi la muqueuse sucrée, diurne poétesse et putain nocturne, salope et sainte à la fois, Toi qu'aujourd'hui je ne caresse et ne croise qu'en rêve, ce dont je me fiche éperdument puiqu'avec nous et qu'entre nous le rêve et la réalité vivront en accord majeur, vivent déjà en accord majeur (questions d'instinct, d'oreille, de nez), une seule et même note bleue propre à entretenir la petite musique du présent, passerelle unique vers le divin opéra, le grand soir qui a lieu tous les jours, ici, maintenant...
Je devine tes attentes en creux, tes demandes en diagonale, j'entends ton message codé, je traduis ton mensonge vrai : Apprends-moi le vice mon amour, oui apprends-moi la libération, la liberté, le libertinage... Alors attends-toi à ce qu'en retour je te demande ceci : Apprends-moi le bonheur, élis-moi dans ton coeur, dans ton corps, sans abstention ni procuration... Car tel est bien notre contrat secret mon ange, notre coussin commun... Non ?
Mon programme est sain, salutaire, scintillant, solaire, sophistiqué, subtil, subversif, il n'en est guère de plus subversif : je t'aime... * Laurent Morancé Carré vert...Par Laurent Morancé :: mardi 19 juin 2007 à 23:49 :: 12 - Juin 2007
Le président de la République et son Premier ministre sont tout de même de grands tragédiens comiques et cyniques... En dépit de la très minuscule pénalité de dimanche dernier, ils poursuivent leurs essais à trois francs six sous - peu de personnes, j'imagine, pour se souvenir de cette expression familière datant d'une époque antédéluvienne, préhistorique, où la vie était encore abordable (?) et où les bonnes et braves gens de ce cher et vieux pays, dont je suis, n'allaient pas encore s'alimenter, s'équiper et se vêtir en masse chez Lidl, Aldi, Emmaüs, Tati...
" Essai ", " pénalité "... Suivez mon regard... Mon ami P., qui ne manque pas d'humour, commente ainsi la composition du nouveau gouvernement : " Sarkozy prend la porte. "
Pour un peu, on délaisserait sur-le-champ la tondeuse à gazon et ses invitations bruyantes et grossières et monocordes pour simplement s'allonger dans l'herbe fraîchement coupée, à l'ombre des jeunes filles en fleur, et fermer les yeux, doucement, puis connaître *** pour de vrai (connaître : étymologiquement naître avec), comme disent les enfants, et faire l'amour comme des amants, des aimants, des amours, des humains, comme ça, ici, maintenant, ailleurs, demain... La tondeuse à gazon propice à toutes les échappatoires possibles...
Léger et nécessaire désherbage entre les carrés de mosaïque d'une terrasse... Travail d'orfèvre... Parfaitement... Et vous, l'avez-vous seulement apercu ce tout petit brin de pissenlit rebelle se frayant un improbable chemin dans le ventre du trottoir de la grande avenue, la grande avenue et ses rubans métalliques aux relents de pétrole brûlé, et surgissant au grand jour de la cité-lessiveuse ? Les plantes décidément plus fortes que tous les bétons et tous les goudrons du monde, tout simplement parce qu'elles vivent...
Les racines, renouer avec leurs racines... Ils n'ont que ça à la bouche, que ça à se mettre entre les dents, pour expliquer la cause primordiale, le mythe fondateur, le souffle originel... Mais, que je sache, les racines ne soutiennent que les espèces immobiles (les arbres)...
Rêve : il fait beau et chaud, le soleil est éblouissant, la terre est brûlante, le ruisseau coule encore vers la rivière apaisante, et moi je coule dans les herbes folles et grasses, dans les herbes hautes, bientôt dans les herbes sèches, dans le foin, je me retrouve sur la paille, je m'enfonce dans le monde d'avant, je refais surface, je cours, je suis un chasseur d'idées nocturnes, de jupons de soie, de papillons multicolores - mes filets sont sans maille, je les relâche instantanément -, je suis aussi chasseur de préjugés, de lieux communs, j'abomine les idées congelées, j'abhorre le système cosmoplanétaire du réchauffement intégré, je suis le canal de la clarté (verbe être et verbe suivre), je suis le compagnon de la libération du jour, l'atomiseur de la nuit et du brouillard, je poursuis inlassablement ses pieds, ses chevilles, sa chaîne de cheville, ses mollets, ses jambes, à la recherche de sa trace, je désire son empreinte, j'ai faim et j'ai soif, j'ai toujours faim et j'ai toujours soif, je n'ai pas une seule minute à consumer, pas un seul moment à griller, puisque j'ai tout mon temps, elle enfin, mon poisson d'argent, ma colombe d'or, ma chienne, ma tigresse, va, viens, vois, vole, caresse-moi, lèche-moi, bouffe-là, retourne-toi, laisse-moi, laisse-moi faire, caresse-toi, lâche-toi, devenons ce que nous sommes, croquons dans la pomme, faisons comme, faisons comme si, même les branches et les brindilles ne témoigneront pas contre nous, et même l'herbe repoussera... je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre [...] " Psaume 22 * Laurent Morancé
Planter le décor...Par Laurent Morancé :: lundi 18 juin 2007 à 23:14 :: 12 - Juin 2007
Et toujours mon orage quotidien en fin de journée...
Little Girl hospitalisée. Sérieux mais pas grave. Putain de vélo.
Hier soir :
- C'est toi Laurent ? - Oui et non. - Arrête de délirer. J'espère que j' te dérang' pas.
Elle parle vite. Essoufflée. Elle endosse la panoplie de la femme pressée, surbookée.
- On ne me dérange jamais quand on a quelque chose à dire. Mon côté casse-couilles, j'me la pète... J'allume une cigarette. J'allume toujours une cigarette dès que je me sais pendu au téléphone, c'est-à-dire perdu. Qu'en penserait mon psychanalyste ?
- T'as vu les élections ? - Oui. - T'en penses quoi ? - Rien. - T'es pas drôle ce soir. - Eux non plus.
J'entends un léger soupir...
[...] - T'as vu Ségolène et Hollande ? - Non. Tu les connais ? - Très drôle. T'as pas l'impression que c'est l' véritabl' événement d' la soirée en fait ? - Arielle Dombasle et Bernard-Henri Lévy sont toujours ensemble. - ??? Pourquoi tu dis ça ? - Pour rien. - T'es con.
Je me sers un énième café... J'en bois des quantités balzaciennes.
[...] - Qu'est-c' que t'as fait hier mon Doudou ?
C'est fatal... Au bout de quelques secondes, j'ai toujours affaire à une VRP.
- Je suis sorti. - Avec qui ? - Des amis. - Et moi, tu m'demandes pas où j'suis allée ? - Où es-tu allée ? - On s'est fait un resto. - Bon accueil ? Bonne cuisine ? Bons vins ? Décor pas trop lourd ? - Tu m'demandes pas avec qui ? - Non.
Silence radio...
- J'ai vu ton blog.
Elle dit " vu " (troisième édition)...
- Ah. - Très bien fait. Surtout le choix des photos. Mais trop de femmes nues à mon goût (trop de femmes nues à mon goût, c'est moi qui souligne). T'es un vrai obsédé. Tu d'vrais les habiller un peu plus. - Le texte s'en charge. - Quoi ?
Silence radio...
- Bon, j'te laisse pour aujourd'hui. Bonne nuit Doudou. En tout cas, toi, tu m'caches quelque chose. Tu dois être amoureux.
Les pronom personnel et verbe " tu dois ", comme une injonction...
* Laurent Morancé
L'être au père...Par Laurent Morancé :: dimanche 17 juin 2007 à 08:40 :: 12 - Juin 2007
![]() Papa, ne crois surtout pas que je me sois pris par la main pour t'adresser ces quelques mots en ce jour de fête des Pères - tu remarqueras, au passage, le choix de la majuscule... Bon, c'est vrai, je ne suis pas toujours à la hauteur, mais tu es tellement grand mon Papa chéri, et si intelligent (t'en as sous l'chapeau quand même)... On me rapporte que tu fatigues, que chaque jour davantage tout déplacement t'est pénible, sans doute la solitude, les soucis, les séparations, trop de travail au creux de l'ennui... Laisse-les causer Papa... Tu sais, on marche tous avec une canne, eux aussi, quand ce ne sont pas des béquilles... Il me tarde de te (re)voir... De te serrer dans mes bras... De te demander pardon... Alors, comme avant, on s'attablera à la terrasse de la brasserie ***, et on regardera les filles, et puis on se réfugiera au fond de nos verres à pied, et puis on évoquera le dernier Noël, tes prochaines vacances avec V., la communion de mon filleul, la propagande habituelle quoi - au fait, Maman me charge de te saluer (tu parles)... Tu pourrais me reprocher ne jamais avoir su l'heure qu'il était... Moi, je ne saurais oublier que c'est toi, Papa, qui m'as offert ma toute première montre (communion)... Allez, ça ira pour aujourd'hui... À bientôt le temps des retrouvailles, des semailles et des moissons, de l'autre côté de ce côté-ci... Pendant que j'y pense (encore) Papa, pourquoi lorsque j'étais petit et que je faisais une connerie, que je commettais une saloperie, tu me disais que j'étais un Charlot (majuscule, bis) ? J'ai maté tous les films du divin clown, de ce clown diabolique figure-toi, eh bien aucune bêtise à relever, strictement aucune, je t'assure que c'est vrai...
Je t'aime, Papa. Ton Fils (majuscule, ter). Ton fils prodigue... 1940 JOURS SANS ELLE... |
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