LE JOUR ET LA NUIT... (Ré)jouissances et résistances de Laurent Morancé... Carnets & Chroniques d'un auteur (presque) anonyme, esthète, épicurien et libertin, amoureux des arts et de la littérature, en guerre contre le Système...http://lejouretlanuit.zeblog.com/ |
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Laurent MorancéBlog créé le le 30/12/06 BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billets![]()
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White spirit...Par Laurent Morancé :: mercredi 29 août 2007 à 23:55 :: 10 - Aout 2007
Carré blanc sur fond blanc Toile de Kasimir Malevitch (1918)
Je broie du noir pour que tout soit blanc. Je dors et je ne dors pas. Je pense et je compense. Je crois que mais je ne crois rien. Un soir, je croise par hasard un faire-part de décés :
André Breton 1896-1966 Je cherche l'or du temps
L'autre matin, au réveil, je me suis dit que j'avais tout mon temps. Je suis empressé de [...] ; je ne suis pas pressé.
Je dresse la tente (pour eux) avant de chier sur le sable chaud. Puis je m'allonge et je regarde les étoiles. Au retour de la bataille, c'est sûr, ils boufferont toutes les victuailles. Je me relève et je marche dans les rues embouteillées. La ville, cet autre désert.
C'est la rentrée ; j'en profite pour sortir.
Je (re)cherche ma part d'éternité...
* Laurent Morancé
Rideau...Par Laurent Morancé :: dimanche 26 août 2007 à 08:15 :: 10 - Aout 2007
Raymond Barre (1924 - 2007)
Rentrée politique de Ségolène Royal, belle, bronzée, sûre de son fait. Extrait d'un entretien accordé au quotidien Sud Ouest et publié hier :
" [...] je dois lui (Nicolas Sarkozy) reconnaître sa capacité de mouvement. Certains la jugeront excessive. C'est son style. L'important, c'est d'avoir un style, et ce n'est pas négatif. Nous avons quelqu'un qui démontre, au moins dans la forme, sa volonté que ça marche. Mais paradoxalement, le principal risque, c'est celui de l'immobilisme. On voit bien que les réformes les plus douloureuses qui permettraient de remettre le pays sur le chemin de la croissance n'ont pas été faites. Au lieu d'évaluer la situation, on a droit à une nouvelle agitation. Le paquet fiscal a avantagé la rente plutôt que les entreprises dynamiques. "
Sacrée Ségolène ! Mais pourquoi s'entêter à enfiler des gants de velours lorsqu'il s'agit de boxer ? Et aussi et surtout, d'où (me) vient l'étrange impression qu'à force d'être à part elle est à côté ?
Concert d'hommages respectueux et de louanges de la gauche à la droite du spectre politique pour saluer la mémoire de Raymond Barre qui fut, entre autres, l'hôte de Matignon de 1976 à 1981 et candidat à la présidence de la République en 1988 (je me souviens avoir voté pour lui au premier tour et pour François Mitterrand deux semaines plus tard), un type indépendant, impartial, original, détaché des partis, centriste dans l'âme, réellement européen, jamais avare de bons mots, pourfendeur du microcosme, et toute la soupe... Même Jean-Marie Le Pen (toujours pas mort) s'est fendu d'un petit mot gentil en déclarant qu'avec la disparition de l'ancien maire de Lyon s'en allait un honnête homme (sic), et pour cause...
Le professeur Barre en ses basses oeuvres - c'était au cours de l'émission Le rendez-vous des politiques enregistrée le 20 février 2007 et diffusée le 1er mars dernier sur les ondes de France Culture :
" Raphaël Enthoven (animateur de l’émission) Au moment de l’attentat de la rue Copernic, il y avait 3 morts, vous avez dit votre indignation devant cet attentat odieux qui voulait frapper des Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des "Français innocents" qui traversaient la rue Copernic… Raymond Barre Oui. Enthoven A quelle occasion… Vous regrettez ces mots-là… Barre Euh, non. Enthoven Il y a eu lapsus, ou quoi ?... Barre Non, je me souviens très bien du climat dans lequel j’ai dit cela. Et n’oubliez pas que, dans la même déclaration, je dis que la communauté juive ne peut pas être séparée, à mes yeux, de la communauté française.
Enthoven Personne ne doute que vous le pensiez, mais c’est le mot de "Français innocents", qui… Barre Peut-être, mais ils n’ont pas compris. Quand on cite, on cite en entier…
Enthoven Tout à fait.
Barre Et la campagne qui a été faite par, je dirais, le lobby juif (c'est moi qui souligne), le plus lié à la gauche, venait du fait que nous étions dans un climat déjà électoral. Et moi, ça ne m’a pas impressionné et ils peuvent continuer à le répéter.
Enthoven Bien sûr, mais c’est l’expression de "Français innocents" sur laquelle je voudrais revenir…
Barre Mais oui, parce que des Français qui se trouvent dans la rue et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les Juifs (c'est moi qui souligne). Mais pas du tout. Ils font un attentat aveugle, et il y a trois Français non-Juifs [qui sont tués]. C’est une réalité. Non-Juifs ! Mais ça ne veut pas dire que les Juifs, eux, ne sont pas Français…
Enthoven Monsieur, c’est le mot d’"innocents", en l’occurrence, sur lequel je revenais…
Barre Oui…
Enthoven Vous dites "Non-Juifs", c’est incontestable, mais pourquoi avez-vous parlé d’"innocents", à ce moment-là ?
Barre Parce que ce qui faisait la caractéristique, le fait qu’il y avait l’attentat, c’était de châtier les Juifs coupables (c'est moi qui souligne)…
Enthoven A leurs yeux… [ceux des terroristes]
Barre Bien sûr, à leurs yeux. Aux miens, les Français n’étaient pas du tout liés à cette affaire (c'est moi qui souligne). Non, je suis très clair sur ce point. D’ailleurs, aucun de mes amis Juifs – et j’en compte – ne m’a fait grief là-dessus…
Enthoven Non, d’ailleurs, Raymond Aron vous avait défendu, à cette occasion…
Barre Oh, pas seulement Raymond Aron…
Enthoven Bien sûr, mais je…
Barre … mais tous mes amis Juifs… Raphaël Enthoven passe alors la parole à sa consoeur journaliste, mais est interrompu par Raymond Barre qui achève son propos...
… Mais alors, là, je tiens à vous dire que, sur cette affaire, je considère que le lobby juif, pas seulement en ce qui me concerne, est capable de monter des opérations qui sont indignes (c'est moi qui souligne). Et je tiens à le dire publiquement. "
Fin de partie. Cette fois-ci, on ne rigole plus. Mais alors plus du tout. Et on ne se gênera guère pour taillader le coussin mou de l'unanimité ambiante comme on ne se retiendra pas de vomir. Même sur une tombe.
* Laurent Morancé
Temps de merde...Par Laurent Morancé :: mardi 21 août 2007 à 10:43 :: 10 - Aout 2007
" Un été pourri " ou, plus prosaïquement, " un temps de merde ", entend-on ici et là ; autrement dit, mauvaise saison pour les commerçants... Cela étant, ne nous plaignons pas dans la mesure où nous avons coulé des jours tranquilles à l'abri des séismes et des cyclones, jusqu'aux incendies de forêt qui n'ont pas fait dans l'arrogance et dans l'acharnement... Bon, c'est vrai, on s'habitue à tout, et même les bonnes nouvelles n'en sont plus tant elles trempent dans des bains d'évidence...
Le président de la République tout juste revenu de sa villégiature américaine et de nouveau au charbon. " Des vacances formidables, fantastiques " (sic)... On l'a vu, entre autres, se détendre avec George Bush, en dépit de l'angine blanche (et diplomatique) de l'incontournable Cécilia... Et voilà qu'on apprend que le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, est en Irak... Evidemment, nous assure-t-on en haut lieu, ceci n'a rien à voir avec cela ; preuve supplémentaire qu'à toute justification correspond une limite...
" Gouverner c'est prévoir ", dixit Pierre Mendès France. Pour l'actuel locataire de l'Elysée, il se pourrait bien que gouverner revienne à courir après les indices du CAC 40, les faits divers les plus sordides et les plus spectaculaires, les exploits sportifs et les phénomènes de mode... C'est ainsi, tout est récupérable et tout est recyclable pourvu que l'on ne voie pas que ça navigue à vue... Aucune vision panoramique, Pas de sens ni de substance. Rien.
C'était le 16 avril dernier. Le candidat Sarkozy à Colombey-les-Deux-Eglises, tour à tour face au mémorial érigé en l'honneur du chef de la France Libre, en l'espèce une immense Croix de Lorraine dressée sur une colline, et à la tombe du général de Gaulle, sans doute pour y recevoir l'inspiration divine... Mais ça a complètement foiré... Voici :
" Peut-être que la rupture que j'appelle dans la façon de faire de la politique, c'est retrouver le sens de l'identité nationale française. "
Sur le mémorial en question, inscrit en lettres dorées, ce mot du fondateur de la Cinquième République, extrait d'une conférence de presse tenue à l'Elysée le 25 mars 1959 (tiens, le jour de l'Annonciation) :
" En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'homme. C'est l'homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer. "
Sarkozy ? C'est de Gaulle réduit en poussière, j'espère à coups de pétards mouillés... Bush ? C'est Kennedy réduit à néant, helas ! à coups de bombes...
* Laurent Morancé
It's now or never...Par Laurent Morancé :: jeudi 16 août 2007 à 08:29 :: 10 - Aout 2007
L'été meurtrier...Par Laurent Morancé :: mardi 07 août 2007 à 10:26 :: 10 - Aout 2007
![]() Le Septième Sceau Film de Ingmar bergman (1957) Ces jours-ci, soleil de mort, écran noir... Ingmar Bergman... " Le cinéma en tant que rêve, le cinéma en tant que musique. Aucun art ne traverse, comme le cinéma, directement notre conscience diurne pour toucher à nos sentiments, au fond de la chambre crépusculaire de notre âme. " Michelangelo Antonioni... " Il suffit de garder les yeux ouverts : tout se charge de signification. " Michel Serrault... Que la télévision française surdimensionne la disparition de Serrault et passe sous silence, ou presque, la mort de Bergman évidemment ne surprend guère... Fanny et Alexandre plus " embêtant " et plus " empoisonnant " que La Cage aux folles ? Je ne vous le fais pas dire... Isidore Isou... En 1951, l'initiateur du lettrisme propulse dans la mêlée son Manifeste du cinéma discrépant (systématisation de la disjonction son/image) et, entre autres entreprises décapantes, catapulte sur orbite son premier film, Traité de bave et d'éternité, plans convulsifs, images rayées, personnages la tête en bas, et pour finir écran blanc... Dans les années 70, comme par hasard, les films interdits à un certain public seront signifiés par un carré blanc... Mille bonnes raisons, donc, de taire aux foules anesthésiées la dissolution d'Isou dans les ténébreuses lumières de l'éternité... L'art, et l'un de ses avatars le cinéma tel un adversaire acharné de l'obscurité, c'est-à-dire de l'obscurantisme... Sans vouloir être excessivement lacanien, même l'improbable patronyme des inventeurs du Septième Art témoigne que décidément ce dernier n'a rien à voir avec la nuit, avec l'ombre oui mais avec la nuit certes pas... Or, comme chacun sait, sans ombre point de lumière... Loin de moi l'idée de tenir ici conférence sur le spectre lumineux, l'arc-en-ciel et compagnie ; je veux simplement spécifier que dans un certain champ sémantique spectre et fantôme sont des frères jumeaux... Voilà, nous y sommes... Le cinématographe met en scéne la lumière, il l'accroche, il l'installe, et ce faisant il la déshonore, il la viole, il la flingue, la lumière n'est alors plus rien d'autre qu'une image, et l'image c'est l'antimatière et l'antimouvement par excellence, l'image c'est la mort... Enfin, on ne méditera jamais assez sur le fait qu'un long métrage soit une oeuvre impalpable, incapable d'être touchée, et, dans le même élan, on n'aura jamais fini de regretter que le cinéma ne soit que du cinéma... Dans les conciliabules familiaux comme dans les conversations de bistrot, attendez-vous à ce genre d'échange : - Vous allez au cinéma ? - Jamais. - Allez, arrête ton cinéma... * Laurent Morancé
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