LE JOUR ET LA NUIT... (Ré)jouissances et résistances de Laurent Morancé... Carnets & Chroniques d'un auteur (presque) anonyme, esthète, épicurien et libertin, amoureux des arts et de la littérature, en guerre contre le Système...

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Little Jésus...

Par Laurent Morancé :: mardi 25 décembre 2007 à 10:06 :: 06 - Decembre 2007


La Vierge confiant l'Enfant Jésus à Saint Stanislas Koska
Toile de François Boucher

On a tout pensé, tout dit, tout écrit, et tout fait (étouffé) autour de l'enfant de la paille, du bébé star, et pourtant, en quelque deux mille ans, il est possible que rien n'ait été (encore) pensé, dit, écrit ou fait autour du petit joufflu de Bethléem...
 
Pas exactement Bethléem, d'ailleurs, puisque, si l'on s'en réfère au Nouveau Testament, Jésus est né hors de la ville, ses parents n'ayant pas trouvé place à l'hôtellerie. De même, plus de trente ans après, il mourra hors les murs de Jérusalem consécutivement à un simulacre de procès. On l'aura compris, l'Emmanuel est un type du dehors, un exclu, un hors-de-ma-vue, un sans-domicile-fixe, un va-voir-ailleurs-si-j'y-suis, et très tôt un exilé, un sans-papier (voir l'épisode de la fuite en Egypte sous la houlette de son père putatif ou réel, le discret Joseph)...
Remember...

Tout et son contraire, donc : un agneau, l'Agneau de Dieu, un allumé, un ambassadeur de sa propre cause, un amour infini, un anarchiste, un ange, un ange déchu, l'ange de la mort, l'antéchrist (!), un antidépresseur, une apparition, un auto-géniteur, un baba-cool, un bouc-émissaire, un charlatan, un charpentier écolo, un chef de gang, un chef de meute, le Christ, le clou du spectacle, un coincé du bulbe (et du cul), un collabo, une colombe, un communiste, un contraceptif, un con, un copain, un courant d'air (chaud), un crypto fasciste, un curé défroqué, un démiurge, un devin, un dissident, une dissonance, un diable (ou le diable), un dieu, Dieu en chair et en os, un doux comme un agneau, un drogué énervé, un éclair, un éclaireur, un esprit sain, un événement incompréhensible, un exocet, un faussaire, un faux air de [...], un faux juif, le Fils de Dieu, le fils de Joseph et Marie (c'est déjà ça), un flou, une folle attente, une folle rumeur, le fondateur du christianisme (?), un fou, un fouteur de merde, un gauchiste, un génie, un guérisseur, un guerrier borné, un gourou, une hallucination, un hermaphrodite circoncis (bonjour Lautréamont), un héros de roman, un homosexuel refoulé, un illuminé, un illusionniste, un imposteur, un inquisiteur (!), un jardinier (si, si, c'est dans le texte), un laxatif, un leader nationaliste, un maître d'autel, un mauvais coucheur, un mauvais vin, un mégalomane, un noceur imbibé, le Nouvel Adam, un messie, le Messie, une nouvelle ère, un paranoïaque, un passeport pour l'anthropophagie, un passeur et un pasteur, un pauvre type, un péplum creux, un pervers polymorphe, un pharisien, un pharmacien, un plombier pour péchés en fuite, le Prince de la Paix, une promesse accomplie, un prophète, un rabbin au rabais, le Rédempteur du genre humain, un rejeton de mère porteuse, un rêve éveillé, le Roi des Juifs, un sado maso, un saint esprit, le Saint Esprit, un santon hollywoodien, un sauvage, un sauveur, le Sauveur, un seigneur, le Seigneur, un schizophrène, un simple d'esprit, un simple politique engagé contre les Romains, un somnifère, un suaire en sueur, un travesti en chemise de nuit, un terroriste, un thaumaturge, la vérité, une victoire contre la mort, un vrai dieu, un vrai homme, vrai dieu et vrai homme, un vigneron abstème, un zélé, un zélote, un zéro pointé,  Zorro...

Bon, qu'en disent les premiers concernés ?
Joseph : rien.
Marie : " Elle méditait tous ces événements dans son coeur. " (Luc, 2-19), autrement dit rien.
Plus tard, lors des fameuses Noces de Cana, elle se lâchera carrément la Marie par un retentissant " Faites tout ce qu'il vous dira. " (Jean, 2-5), qui résonne encore dans le coeur et/ou la cervelle de certains... On se calme, on se calme...
Jésus, un jour de grande forme, certainement sous un soleil de plomb : "Je suis le chemin, la vérité et la vie. " (Jean, 14-6).

Sur ce, consultons l'oracle...
À ce stade de la compétition, je convoque Rimbaud en guise de cerise confite et parfumée sur l'étouffe chrétien (à lire à haute voix) :

" Jésus entra aussitôt après l'heure de midi. Personne ne lavait ni ne descendait les bêtes. La lumière dans la piscine était jaune comme les dernières feuilles des vignes. Le divin maître se tenait contre une colonne : il regardait les fils du Péché ; le démon tirait sa langue en leur langue ; et riait ou niait.

Le Paralytique se leva, qui était resté couché sur le flanc, et ce fut d'un pas singulièrement assuré qu'ils le virent franchir la galerie et disparaître dans la ville, les Damnés.
"

Joyeux Noël !


* Laurent Morancé



La France intranquille...

Par Laurent Morancé :: lundi 17 décembre 2007 à 19:37 :: 06 - Decembre 2007




Froid sec et sans pitié sur tout le pays...
Vivement mai 2008 !!!

Ce matin, au réveil, les journaux n'ont pas pris la peine de nous révéler - et pour cause - cette incroyable découverte : figurez-vous que l'on a retrouvé une lettre inédite signée Charles de Gaulle, une vraie lettre d'amour, une lettre de combat, une lettre qui en dit long, sans doute la lettre manquante...
Mais d'aucuns prétendent déjà qu'elle serait apocryphe, ce dont, à sa lecture et à sa relecture, je doute de plus en plus...

Voici le document incriminé :


" Londres,
17 juin 1940

Ma chère Yvonne,

Je viens donc de quitter mon cher et vieux pays, et me voici !

Voyez-vous, j'ai l'impression d'être face à l'océan, le vaste océan, mais avec la prétention de pouvoir le franchir à la nage.
Votre absence, et celle de notre fille aimée, comme un poids très lourd, une épreuve, une pénible traversée, mais quoi ! il s'agit de nettoyer le merdier, de remettre de l'ordre dans le foutoir, et ainsi de repartir de l'avant, en hommes indépendants, libres et souverains, que nous n'avons, au fond, jamais cessé d'être.

Malraux, que je ne connais pas encore, m'a signalé un
auteur brillant
qui, la fleur au bout du fusil, le verbe malicieux, prétend que la France est moisie - après tout, on a le style de ses ambitions, et un mauvais compromis vaudra toujours plus et mieux qu'une bonne compromission.
Il s'agit donc, de l'intérieur comme de l'extérieur, de se lier, de se liguer, de se livrer sans forfaiture et sans forfanterie pour renverser toutes les dictatures, pour faire un sort à la moisissure et à la pourriture.

Ce combat que j'appelle de mes voeux est grand, mais qu'il est beau !

Ce vieux lion de Churchill a mis à ma disposition un studio de radiodiffusion doté d'un microphone qui, souhaitons-le, portera haut, loin et fort le verbe et la verve, ceux de la défense de la Démocratie et de l'Humanité enfin reconquises, restaurées, retrouvées !
Ce soir, donc, pendant que les rats dormiront ou bien quitteront le navire et que les lapins forniqueront, le temps de la Résistance sera venu, et sa flamme ne s'éteindra jamais qui nous éclairera jusque dans les ténèbres les plus incompréhensibles et les plus opaques.

Après que j'aurais quitté ce monde, très chère Yvonne, de mauvais ferments ne manqueront pas de refaire surface, croyez-moi, le paquebot France, cette galère, tanguera, tergiversera, se trompera, mais l'équipage, mu par son génie séculaire, finira bien par se réveiller puis par rentrer au port, quite à avoir passé son commandant par-dessus bord.

J'ai déjà pensé à ma succession mais hélas ! hélas ! trois fois hélas ! je ne perçois dans l'horizon lointain que de sombres nuages sur fond de ciel maussade et médiocre.
C'est dire s'il faudra bien, une fois encore, que je m'adresse à la toute la nation, j'écris toute, pour, après l'avoir mis en garde contre la lepénisation des esprits ,  je la prévienne contre la dysneylisation des stimulis !!!

Franchement, ma petite femme chérie, nous verriez-vous déambuler, par un glacial samedi de décembre, dans je ne sais quel pandémonium de mauvais goût, flanqués, pour couronner le tout, d'un travailleur intérimaire déguisé en Mickey et d'un vendeur de mauvais pain mou avec des frites dedans ?
Certes, par les temps qui courent, je sais bien qu'il faut savoir s'amuser, mais, que voulez-vous, une bonne belote dans un bistrot de Colombey me sied plus qu'un défilé de mode dans un erzatz d'Amérique - ce n'est tout de même pas à mon âge que je vais tirer dans le dos des Français et de ceux que naguère notre sol accueillit les bras ouverts...

Tout fout le camp, chère Yvonne, puisque l'on me rapporte que désormais les faux résistants, à bord d'un yacht improbable, croisent sur je ne sais quelles eaux turquoises, certainement pas un vaste océan, qui défèquent et dégueulent de fatuité par-dessus un bastingage doré à la vulgarité, tandis que les vrais, eux, les ongles rongés de  misère et le visage écrasé de fatigue, harcelés par la faim et par le froid, sont délogés de leur toit de fortune, une toile de tente rouge, à coups de pied dans le cul et de pompe dans l'âme.
Le gâteau est infâme,  et chaque jour une tranche de honte arrive dans nos bouches interdites, nos bouches qui n'en peuvent plus.

Malraux, toujours lui, me dira un jour : "
Mort aux cons mon Général  ! " et s'entendra forcément répondre par moi, les bras levés au ciel,  " Vaste programme Malraux ! "...

Je vous embrasse, ma chère Yvonne, et je vous attends comme j'attends de vous et de tous nos compagnons le réveil et le sursaut, ce que notre histoire et notre légende nomment Fraternité
.

Charles "


* Laurent Morancé

2123 JOURS SANS ELLE...


(E)tire ta langue...

Par Laurent Morancé :: vendredi 14 décembre 2007 à 19:54 :: 06 - Decembre 2007




Extérieur : bleu-blanc-gris sous une chape de froid.
Intérieur : c'est important ?

" Vous jouez trop avec les mots et avec les femmes (!!!) " (sic), vient de m'écrire un internaute...
Amis lecteurs, je vous prierais de bien vouloir m'attribuer le gras trio de points d'exclamation mis entre parenthèses et visible ci-dessus... En vous remerciant.
Bien d'autres lignes dans son message, assez corsées - quelques amabilités et quelque animosité -, pas du tout grossières mais relativement vulgaires, puisque tout est relatif...
J'ai tout de même pris la peine de lui répondre à peu près ceci, entre autres : " Vous écrivez trop de courriels. "
En tout cas, merci pour l'idée, je veux dire pour une partie de l'idée...
 
Jouons donc avec les mots :

- caméra à l'envers = rat camé,

- chier : anagramme de chéri,

- image : anagramme de magie (voir caméra),

- merci : anagramme de crime,

- perversion : autre version du père (merci Lacan),

- considération politique : le changement, à confondre avec le change ment,

- confession giscardienne : " La france était au bord du gouffre ; aujourd'hui, elle a fait un grand pas en avant. " (1976 ?)

- constat renardien : " Si l'argent ne fait pas le bonheur rendez-le. ",

- credo onusien : " Le monde appartient à ceux qui ont le veto. ",

- cri dacien : " Je préfère le vin d'ici à l'eau de là. ",

- proverbe sollersien : " Pour vivre cachés vivons heureux. ",

- question lancinante de votre serviteur au sujet de l'Amour : " On n'aurait jamais le choix qu'entre s'immoler et simuler ? ",

- synonyme de sale-con-exploitant-ces-dames-du-trottoir (avec faute d'orthographe) : macadam,
 
- synonymes de contenant et de pétasse dans deux registres lexicaux différents : cruche et gourde
(NDLR : les pétasses en question sont donc susceptibles de recevoir un contenu, sauf à en être déjà pourvues - ce que je crois),

- Blague à part :

" L'histoire de l'Humanité a été façonnée par cinq grands juifs :
1. Moïse : TOUT EST LOI
2. Jésus : TOUT EST AMOUR
3. Marx : TOUT EST ECONOMIQUE

4. Freud : TOUT EST SEXUEL
Et Einstein...

TOUT EST RELATIF..."


* Laurent Morancé

2120 JOURS SANS ELLE...


Notes blanches...

Par Laurent Morancé :: jeudi 13 décembre 2007 à 14:21 :: 06 - Decembre 2007

 

 

 

À ma C....e, l'insoupçonnée...

 

Le général Hiver en tenue de parade, il débauche et il embauche, il se faufile, il défile, il finira bien par se défiler...

Formications, fourmillements, frémissements, frissons, fièvre, frrrrrr, c'est le grand froid, gel, givre, glace, neige, ggggggg, assurément la lettre la plus rude de notre alphabet, se réchauffer, chocolat chaud, marrons chauds, l'appel de la fusée, rampe de lancement, les escaliers, la porte, le ring (ou la scène), ton épaule claire, tes cuisses offertes, un nouvel air, une fête ouverte, la nouvelle ère, assis, debout, couchés, accroupis, sur le côté, les diagonales et les angles, les corridors et les coulisses, les silences et les secrets, le nouvel amour (Rimbaud), réinventer l'amour, l'amour est à réinventer (Rimbaud), la baise et la braise, la chaise, là, dans le coin, ta bouche et tes bras, tes cris et tes crocs, ton souffle, salive, sang, sperme et sueur, sssssss, mon serpent, tes pommes, tes alléluias et tes amens, hosanna, nos vices en offertoire et nos sacrifices expiatoires, notre amour est infalsifiable, mon amour, et puis hop debout ! Et dehors !

 

Ici, c'est la ronde des stupres et de la stupeur, leurs stucs en stock et leurs trucs en toc, les cons en leur cercle, les clones en leur cloaque, les clowns en leur cirque - fils rompus, funambules écrabouillés, jongleurs à terre, assiettes brisées, magiciens sans illusion, et les fauves affamés en habits de velours (et de vautour)...

Pas d'entracte ni de trêve, leur acte unique, toujours la même trame et toujours le même drame, pas d'horizon, on achève bien les rêves, prison.

 

J'ai fait des rêves étranges là-bas, j'ai découvert l'or des âmes, j'ai couvert d'or les femmes, j'ai repris les armes, écraser l'infâme (Voltaire), j'ai combattu les militants, détourné leurs progammes et déchiré leurs oriflammes, j'ai soutenu les militaires, je me suis forgé des boucliers à l'encre noir, de mon épée juteuse j'ai fendu la cuirasse de la vertu sirupeuse, j'ai tué la mort, et c'est ainsi que je suis devenu fier et fort, fier d'être fou et fou d'être fort, fffffff...

 

Cependant...

 

J'ai bu des nectars sataniques et des poisons rares, j'ai mangé des cervelles et j'ai bouffé des culs, j'ai provoqué l'Adversaire mais je me suis abstenu, j'ai convoqué l'Idiot mais je me suis tu, je ne suis qu'une larve, une merde, je suis un bout de néant, une poussière d'antan, une odeur de moisi, une flaque de vomi, un rampant, un rompu, brassé, brisé et broyé, brrrrrr, mais debout, encore...

 

Toutefois...

 

J'ai flingué le cauchemar éternel, j'ai gagné la revanche et (me) suis paré pour la belle, j'ai gagné le maquis, dissidence et dissonnance, et j'ai tringlé la marquise, étranglé les marchands, résistance...

 

Et puis j'ai chié sur les pompes vernies de l'abruti général Hiver...

 

Et maintenant, opéra !

 

Tu viens ?

 

 

* Laurent Morancé

 

2119 JOUS SANS ELLE...

 


De l'échangisme et du libertinage...

Par Laurent Morancé :: mardi 11 décembre 2007 à 17:32 :: 06 - Decembre 2007

 


Nicole Kidman in Eyes Wide Shut

Film de Stanley Kubrick (1999)



Il pleut sur la ville comme il pleut dans mon coeur, mais pas de panique à bord...

Que voulez-vous, j'ai mes parapluies secrets, mes refuges essentiels, mes souterrains en pleine lumière...

 

Détonations, fer et feu, carcasses déchiquetées et corps calcinées, et Alger la Blanche (re)devenue rouge sang...

Pendant ce temps-là, comme on dit dans les fims muets, un terroriste intégré, institutionnalisé, pavoise en notre Palais Bourbon...

Honte.

Mais, c'est vu d'avance, en vrais chacals et en infectes sanibroyeurs qu'ils sont, ils nous feront bien vite digérer tout ça...

 

Miss France (suite).

La nouvelle élue - pardon, la nouvelle désignée - répond au patronyme de Bègue (je n'invente rien).

Sans vouloir sombrer dans le jeu de mots calamiteux, je dirai seulement qu'ils remettront ça l'année prochaine...

 

Téléthon (suite).

Promesses de dons de l'édition 2008 inférieures à celles de l'année dernière.

Ils évoquent ici et là les mauvaises conditions climatiques qui, paraît-il, auront découragé plus d'une âme généreuse et sensible...

Il est vrai qu'invoquer pêle-mêle la baisse du pouvoir d'achat, la démobilisation générale, la sinistrose ambiante, certaines critiques malvenues de l'Eglise catholique et la concurrence déloyale de Télé-Bouygues eussent fait désordre dans la boutique, et la bulle unanime d'éclater...

 

Avec la massification de l’érotisme appliqué - un érotisme du bout des lèvres sur papier glacé -, celui-ci filtré, donc régénéré, par l’arrogant tryptique Spectacle-Technique-Commerce, et de l'atterrissage du  sexe obligatoire jusque dans nos assiettes (quelle époque climatisée sous surveillance, quand on y songe), tout ce qui a trait au libertinage, à commencer par le vocable lui-même, a été rabaissé au niveau exclusif de l'activité sexuelle et, par effet d'entonnoir, de la pratique qu’est l’échangisme, pratique hebdomadaire et débonnaire, festive et sportive, du ressort de quelques pervers à temps partiel triés sur le volet - comprendre quelques B.B.B. : Bourgeois-Bohèmes-Branchés ou encore Baise-Bed-Breakfast...

 

Du coup, on peut dorénavant se faire une soirée libertine (!?), une soirée privée (sic), comme on se fait une soirée raclette ou bien un restaurant chinois - et si on se faisait un chinois ?...  

Assisterions-nous à la fin consommée du vrai libertinage, celui de ce (mon) cher dix-huitième siècle ? C'est probable.

En tout cas, les preuves affluent, le dossier s'épaissit...

 

Comme je l'écrivis naguère, en deux temps trois mouvements Venise sodomisée par le Cap d'Agde, ses canaux d'air, d'or et d'eau vampirisés par des jacuzzi réputés sulfureux, en tout cas poisseux et savonneux (autres bulles unanimes), et Casanova et son Eminence le cardinal de Bernis (eh oui, même lui) rattrapés au pas de course par les sieurs Laurel et Hardy alias Frédéric Beigbeder et Patrick Sébastien...

Le libertinage nouveau est arrivé ! Politiquement trop dangereux, et à terme trop coûteux, il sera donc dénaturalisé, c'est-à dire non optionnel ; il sera people et artificiel ou bien il ne sera pas...

Allez, arrête ton char Ben Hur, t’entames la falaise... Quoique, à la réflexion...  

 

Cela étant, loin de moi le souhait de vilipender les clubs libertins, comme ils disent, ou échangistes ou non-conformistes, comme mentionné parfois à leur porte d'entrée (et de sortie) ou encore dans des guides idoines...

Loin de moi ce souhait, donc, mais, de grâce, osons nous lier et nous liguer pour arraisonner et assaisonner le Système comme il se doit, pour l'apostropher en plein hémicycle, pour lui faire danser la gigue jusqu'à l'aube, pour lui faire connaître sa douleur, pour lui faire comprendre que le libertinage, avant d’être une affaire de cul (si c’en est une), en l’espèce un cul mal baisé ou trop baisé, est essentiellement, est seulement (?) une affaire esthétisante (et esthétique), un art de vivre, une philosophie, un truc aristocratique offert à tous (contraire absolu d'un machin démocratique à l'adresse de personne, spécialité du Système, menu du jour de l'Adversaire), bref, en un mot comme en mille, un choix poiltique...  

 

Faire ses preuves dans un club ou dans une soirée privée, dans un sauna, sur un parking ou sur une plage, peut-être, pourquoi pas, après tout il n'y a pas de mal à se faire du bien, et il est souvent bon d'abuser des bonnes choses, mais aussi et surtout faire ses preuves en toute occasion et en tout lieu, dans un isoloir comme dans un pieu...

 

Le vrai libertin ne doit rien (se) refuser, au nom même du Bonheur et du Plaisir qu’il doit apprendre à conjuguer sur tous les modes et à tous les temps, un Bonheur et un Plaisir d’autant plus forts qu’ils seront médiatisés et partagés (dans le meilleur des cas), un Bonheur et un Plaisir comme " pièces à vivre ", voire comme morales à suivre (ça y est ; le mot est lâché),  au service d’une catégorie supérieure de l’existence qui restera toujours à définir puis à déployer...

 

Voilà pourquoi le libertin digne de cette appellation d'origine contrôlée (encore le siècle des Lumières) se fera un devoir de tout écouter, de tout toucher, de tout sentir, de tout voir, de tout goûter ;

voilà pourquoi il cherchera à jouir par les cinq sens à la fois (la hantise du Système) ;

voilà pourquoi il vivra mille vies en même temps ;

voilà pourquoi, libre et fier, il aimera vagabonder avec son frère jumeau l’épicurien...

 

Credo : ici et maintenant, élever le Bonheur et le Plaisir au rang de vertus théologales.  

 

Pour en revenir à l’échangisme en tant que tel, une orientation effectivement revendiquée par plusieurs épicuriens et libertins (hélas ! souvent dans la discrétion et/ou dans le doute) et, par effet de loupe, aux différents comportements affiliés ou dérivés (exhibitionnisme, fétichisme, mélangisme, voyeurisme ; les allergiques aux mots en "isme", dont je suis, choisiront félicité, sensualité, volupté...), je veux confesser que les moments les plus exquis et les plus grandioses que j’ai vécus l’ont précisément été avec des vrais, comprendre avec des êtres incroyablement doués pour être des adversaires acharnés de tous les commerces sans fin et de toutes les collectes de fond, de tous les corps empêchés, de toutes les formes de  crime organisé, de tous les racismes et rejets de l'Autre, de tous les sectarismes, de la morale judéo-chrétienne par trop étouffante et culpabilisante, de la pudibonderie qui, comme chacun sait, n’a  rien à voir avec la pudeur, du puritanisme, de l’hypocrisie...

 

Je sais, je sais, je n'ai rien dit de plus que vous ne sachiez déjà...

Mais je devine aussi les questions concrétes qui se pressent aux portillons du samedi soir (vous n'êtes tout de même pas en train de parcourir les pages de Le Jour et la Nuit tout à fait par hasard) :

qui (se) sort dans ces clubs, saunas ou autres ?

Quels en sont les choses interdites, les comportements proscrits, les codes et les coutumes, les rites et les rudiments ?

Que dire et que revêtir pour réussir son examen de passage, pour être admis dans la joyeuse confrérie des bouilleurs de cru et des bouffeuses d'andouillette ?

Sans vouloir faire du prosélytisme à deux balles (comme tout prosélytisme), je serais tenté de répondre : allez-y ! Par exemple après (je vous en conjure : pas à la place) un restaurant chinois ou une soirée karaoké à la mémoire de Joe Dassin et Claude François - il faut bien se divertir...  

 

Avant de conclure, cette interrogation que j’entends régulièrement :

de plus en plus de femmes fréquentent assidument ce genre d’endroit comme obligées, poussées par leur mari ou bien par un indigne représentant de la gent masculine ; vrai ou faux ?

Pour ma part, je me souviendrai longtemps de la belle et profonde réponse que me fit l’inventive et lascive C. :

" Ce n’est mon mari qui m’ordonne d’y venir ; ce sont plutôt l’Eglise et la Famille qui durant des siècles m’en ont barré l’entrée." 

 

Alors ?

Alors, pour faire caricatural et court, peut-on être " libertin " sans être " échangiste " ? Assurément oui.

Et peut-on être " échangiste " sans être " libertin " ? Pour moi, non ; mais pour le Système générateur de consommateurs (con-sot-mateur), oui...    

 

Rideau.

 

 

* Laurent Morancé


2117 JOURS SANS ELLE...

 


Les doigts de l'homme...

Par Laurent Morancé :: lundi 10 décembre 2007 à 16:22 :: 06 - Decembre 2007










* Laurent Morancé

2116 JOURS SANS ELLE...


Lignes de mire...

Par Laurent Morancé :: dimanche 09 décembre 2007 à 18:24 :: 06 - Decembre 2007





Si j'étais président de la République (française), j'élèverais aussitôt notre chère camarade et compatriote Ingrid Bétancourt à la dignité d'infirmière bulgare...
Dans le secret de son bureau doré, sans doute le Chef de l'Etat a déjà proclamé cette promotion des plus logiques...

Du coup, je prendrais illico presto un avion spécialement affrété, puis, de Bogota, retour à Roissy ou bien à Villacoublay avec, à mes côtés, elle, enfin...
Peut-être que cet événement inespéré se produira dans quelques jours, devant les flashes et les caméras (évidemment), et aussi et surtout devant nos prunelles humides... Champagne et Kleenex...

Après tout (et son contraire), il n'est JAMAIS interdit de rêver.
Mais bon, cessons-là de nous goberger dans le délire ! Et cette injonction de s'adresser tout autant au locataire de l'Elysée qu'à l'auteur de ces lignes affolées.

Un peu partout dans le pays, des marchés de Noël se plantent dans le décor, si j'ose dire...
Le substantif marché, tel un trou dans le tableau.
À en oublier, au passage, que dès son cri primal le Petit Jésus a été déposé dans une mangeoire, c'est-à-dire dans le fumier... Sinistre prodrome, n'est-ce pas ?
Au reste, tous les Noël que Dieu fait - si j'ose dire (bis) -, ne constatons-nous pas que ça sent le sapin ?
L'avènement du Divin Enfant, dit-on, et les marchés qui vont avec : savonnettes et santons de Provence, écharpes et bonnets péruviens, photophores et pots-pourris, pains d'épice et vins chauds imbuvables à deux euro le gobelet plastifié, et ainsi de suite...
Bref, si l'on devait chasser les marchands du Temple, on ne serait pas prêts de réveillonner...
Alors, je me rassure comme je peux en me disant que le journal de treize heures de Jean-Pierre Pernaut a encore de glorieuses et grandes heures devant lui.

Hier soir, sur nos écrans de télévision, l'élection de Miss france contre le Téléthon, autrement dit, d'un point de vue subliminal, un mauvais film intitulé Corps contre Corps...
Mais où vont donc se nicher la délicatesse et la noblesse ?

Le premier janvier prochain, extension de l'interdiction de fumer.
Sur mes paquets noirs de JPS longues, j'ai le devoir d'imaginer l'avertissement suivant :

TF1 nuit gravement à votre santé


* Laurent Morancé

2115 JOURS SANS ELLE...