LE JOUR ET LA NUIT... (Ré)jouissances et résistances de Laurent Morancé... Carnets & Chroniques d'un auteur (presque) anonyme, esthète, épicurien et libertin, amoureux des arts et de la littérature, en guerre contre le Système...

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Mer d'houille...

Par Laurent Morancé :: lundi 28 avril 2008 à 20:50 :: 02 - Avril 2008




Les samedis après-midi, au printemps et en été, dans les églises de France et de Navarre, entre marche nuptiale et grains de riz, Quand on n'a que l'amour (Brel) et Le Petit Prince  (Saint-Exupéry) font dorénavant office de paroles d'évangile.
On divorce quand ?

Le dazibao nouveau est arrivé. À la une :
" Mais non, mais non, monsieur Hu Jianto, le Dalaï-Lama n'est pas un skinhead en pyjama. "

En son jardin extraordinaire, la plume judicieuse (et juste) de
Chantal Serrière
vient de rappeler à nos mémoires engourdies ce grand moment du sport :

" L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration.
Un sadique, ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de la Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle. "
Nicolas Sarkozy dans ses basses oeuvres, à Lyon, le 23 février 2006...

À ce niveau de la compétition, entre " imbécile " et " sadique " mon encéphale et mon épiderme ne balancent pas...
N'empêche, les choses se compliquant sérieusement, se hâter de prévenir son monde contre l'autodafé programmé - et proclamé !
Et c'est précisément ce qu'a entrepris le fougueux capitaine
François Bon
relayé par son attentif et pertinent second, Marc Pautrel. Elisez-les et lisez-les !
L'un à la barre et l'autre à la vigie d'un bateau (l)ivre qui n'a pas fini de s'en prendre plein les voiles...
Mais, n'en doutons pas, viendra le jour quand le fol équipage inquiet que nous formons ressentira les prémisses de l'île aux épices...

Cinq années de traversée chaotique, donc, avec, dieu merci, dans la soute quelques passagers (et travailleurs) clandestins qui en racontent de bien drôles pour nous doper contre les mauvais grains, et dans le sillon de la carène malmenée plusieurs dauphins d'argent qui nous consolent d'être des humains...
Les soirs de grand calme (avant la tempête), je me retrouve sur le pont où j'aime m'allonger à ses côtés. Puis je me réfugie entre ses deux seins tels des bouées de sauvetage. Je me prends alors pour une chaloupe en folie entre deux continents sauvages, le gouvernail fera le reste...
Après quoi retour en cabine au prétexte d' une fatigue soudaine, violente, irrépressible...
Au vrai, j'administre à mes oreilles quelques infiltrations
malibraniennes
à la sauce Bartoli avant de tremper mes lèvres dans un verre de vin divin pour mieux me (re)plonger dans le théâtre d'Aristophane...

" En face du vrai bonheur, les richesses valent l'ombre d'une fumée. " Dixit l'auteur d'Antigone (vers 441 av. J.-C.)...

Le vaillant
capitaine
tient à la clarté solaire de notre feuille de route et à la précision scolaire de notre carnet de bord : garder le cap vaille que vaille, ne pas (dé)faillir, viser le port autonome et tranquille, débarquer, amarrer notre navire de guerre - puisque c'en est une -, aux solides bollards protecteurs, et danser jusqu'à l'aube nouvelle - le temps retrouvé des cerises elles aussi retrouvées, des viandes grasses au lieu des vaches maigres, y'aura les filles, ce s'ra la fête et ce s'ra le feu, et allez ! tous à la Bastille...

Rêve :
je réponds favorablement à une invitation émanant du palais de l'Elysée.
Je m'y rends avec ma gazelle déguisée en amazone - on ne sait jamais (call girls et chefs d'état, vieille histoire)...
Le président nous reçoit qui nous tutoie d'emblée... 
Et merde, me dis-je...
Tout occupé à ses courbes (de popularité), il nous prête tout de même une oreille encombrée... Je saute sur l'occasion pour avancer mes pions :
" S'agissant des frenchies (les mauvaises langues, forcément mauvaises, prétendent que le locataire des lieux maîtrise mieux l'anglais que le français), j'ai pensé à Bergounioux, Bon, Echenoz, Fleischer, Fontenaille (Elise), François (Jocelyne), Guyotat, Juliet, Kristeva (Julia), Le Clézio, Maulpoix, Michon, Modiano, Réda, Serena, Sollers, Toussaint, Zagdanski [...] "
Je suis sèchement interrompu par le président qui, s'occupant de tout, y va de son correctif, légitime et logique comme tous ses correctifs :
" Raymond Domenech est un excellent meneur d'hommes. Les résultats sont là, et vous savez combien je suis attaché à la culture du résultat. Par conséquent je confirme Domenech dans ses fonctions. "
Sur ce, il se lève, nous salue et passe un coup de fil de son portable pendant qu'un huissier nous escorte jusqu'à la sortie...

Ce tacle génial de
Pierre Michon
, promu libéro d'un jour :

" La littérature est l'un des derniers lieux où l'on peut se permettre de n'être contemporain que de l'homme. "

Bientôt mai 2008...
Proposition d'un nouveau décalogue pour nouvelles barricades :

- Défense de s'afficher

- La France aux Françaises

- Ensemble tout redevient possible

- Faites l'amour pendant la guerre

- Karl a bruni. Vive Marx !

- Le monde appartient à ceux qui ont le veto

- Même sous la pluie on a soif

- Ne pas confondre isoloir et cabine d'essayage

- Sous les pavés les égouts (du paradis)

- Dans quatre ans la quille mais durant quatre ans les boules

À faire tourner...
Et à suivre...

Je me demande parfois dans quelle mesure le cynisme politique n'est pas le frère jumeau de l'incompétence érotique, et je ne me gêne guère pour le leur signifier...
J'entends d'ici les réactions à droite : " Arrêtez-le ! ", et à gauche : " Dehors les traîtres ! "...

Tenir, donc.
Et descendre au fond.
Et hop ! Au charbon !


* Laurent Morancé

2256 JOURS SANS ELLE...




Kaleidoscope...

Par Laurent Morancé :: vendredi 25 avril 2008 à 16:50 :: 02 - Avril 2008


La palette de Bona Mangangu...


Soleil blanc.

Pas encore sorti du Coma de
Pierre Guyotat
(Mercure de France, 2006).

Rarement, ces dernières années, on aura (cha)touiller l'écriture à ce point, à l'extrême limite du point de non-retour.
Un art tout entier porté à bout de bras.
Et supporté à bout de souffle.
Il ne m'étonnerait guère que les agents d'entretien de la " littérature " (?) parigo-poubello-branchouille, c'est-à-dire les taxidermistes du génie littéraire, voudraient précipiter Guyotat tout au fond d'un puits sans fond afin d'en finir une bonne fois pour toutes avec ce cas irrécupérable, cette cause perdue, cette pathologie morbide et poisseuse, et qu'on passe enfin au tableau suivant, ledit tableau évidemment doublure douce-amère du tableau précédent (principe de précaution)...
Or l'auteur d'Eden, Eden, Eden, ce fichu vent contraire, s'en contrefiche, tant il est vrai qu'il aura fait du goufre en question un puits artésien, une source d'inspiration, et finalement une rampe de lancement pour s'envoyer en l'air avec les anges... Le " révérend Quignard " (Philippe Sollers), expert ès assassinats-à-l'envers, en sait quelque chose qui s'est vu couronné d'un
Goncourt
empoisonné par les agents d'entretien susmentionnés...

Guyotat compose au marteau piqueur, au soudeur, et tout au bout de ces pointes acérées jaillissent de l'encens en ébullition et de l'or en fusion...
Dans Coma, on est rapidement en situation de coup de foudre pour ce genre de mots et de phrases (ag)gravés au burin :

" Longtemps après encore, nous vivons quelquefois l'un avec l'autre ; il dessine, souvent avec son sang, il se scarifie, par moments, le corps. Et c'est une peau entaillée, ensanglantée qu'il me donne à caresser, dans la sueur de l'étreinte ou des travaux de ménage à deux. "

Ou encore :

" Elle meurt une nuit après ma visite. Comme elle a donné son corps à la Science, que c'est la soeur de notre mère, je peine à sortir de la salle de morgue où j'ai aidé à ranger son corps dans le tiroir, j'ai mis dans ses mains un petit bouquet et un mot pour les " dépeceurs ".
  Son enterrement : je me retire de la comédie, je reste dans notre exception commune. "

Ou encore :

" Revenu au car, dont la porte latérale est face aux ifs qui bordent le torrent, je veux manger : je pense avoir, cette nuit, ouvert une boîte de petits pois et en avoir avalé, sans cuisson, les deux tiers. J'ai même une coupure à la lèvre, faite avec le rebord, qui saigne encore ; je cherche cette conserve ouverte, et ne trouve que des conserves fermées ; comme je maintiens dans ma mémoire que j'ai mangé cette quantité, et qu'il n'est que dix heures après, je crois avoir mangé suffisamment et je n'ouvre aucune de ces boîtes. C'est du tiers d'une boîte de petits pois trouvée dans les latrines du camp de la mort de Koenigsberg qu'une soeur de notre père, évacuée par les SS, de Ravensbrück, tient une part de sa survie, avant sa libération par les Soviétiques. "

Ou ces derniers mots, saillies sublimes :

"
S'appliquer à se nourrir, à dormir, à se laver, à se vêtir, à marcher, chaque jour : le tout, presque seul, et sans même soi-même à ses cotés : essayer par à-coups, si gauches, de reprendre du coeur.
   Patience, patience,


Fin "


Plus les pages de Le Jour et la Nuit déploient leurs ailes en même temps qu'elles épousent leurs ombres, plus je me dis que j'eusse été mieux avisé  de tenir un blog d'une toute autre teneur et d'une toute autre tournure, avec, pourquoi pas, quelques photos de mon chat ou bien de mon poisson rouge, une bonne dizaine de poèmes idiots sur l'amour ou la paix dans le monde (exemple : " Viens ma colombe c'est pour toi que je tombe viens ma douce c'est pour toi que je pousse "), de quelques poussifs bouts de film puisés dans la mégamachine brasseuse d'air, briseuse de rêve et broyeuse d'imaginaire, à savoir YouTube, et, pourquoi pas, les jours de grande forme, de deux ou trois recettes de cuisine...

Au fait, Little Président de mes fesses, sais-tu seulement ce que signifie sans papier ?
Ou bien n'es-tu jamais allé au W.-C. ?
Ou alors étaient-ils fermés de l'intérieur ?

Manger un chausson aux pommes dans la rue et considérer bêtement une projection de compote tièdasse sur l'empenne (pardon : empeigne) de ma godasse (droite).

Quand elle se fait engrosser par la vulgarité, la lucidité se métamorphose en stérilité.

Au petit matin, avant de m'extirper de ma couette et de déglutir mon premier café, lorsque je me gratte les couilles, je peux faire montre de lucidité.

Donner la science à son Corps.

Un sécateur traîne à terre.
Elle sait que souvent il y a des enfants dans la cour.
Attention danger.
Elle se baisse pour ramasser l'objet.
Mon ange callipyge.
Ma colombe, ma douce.
Ma boîte de petits pois.


* Laurent Morancé

Le roi soleil...

Par Laurent Morancé :: mardi 22 avril 2008 à 20:50 :: 02 - Avril 2008




Le printemps a du mal à s'installer, dit-on et lit-on ici et là.
Tant mieux. Je n'aime pas les installés.

Nous sommes tous des bestioles à peau faible et à poil fragile. Tous. Et à force de chasser sur nos propres terres, nous en viendrions presque à tirer à vue sur nos carcasses, celles-ci vidées de leur substance.

Pour rien, pour un rien, pour trois fois rien, nous sommes disposés à tout vendre, parés pour renier nos origines, notre patrie - pour peu qu'on en ait une -, nos amis, nos amours, nos convictions, nos idéaux, nos principes, nos valeurs, prêts à jeter au feu ce que nous avons de plus rare et de plus cher, ce que d'ordinaire nous adorons, prêts à foutre un gros coup de blanc sur notre sainte et sublime ligne éditoriale, à confondre tous les mots pour nous fondre dans le moule unanime de la molle unanimité...
C'est que nous sommes ligotés aux circonstances, menottés aux contingences, et allergiques à toutes les révolutions...
Et puis quoi, nous autres naufragés du vingtième siècle savons bien que les révolutions ont toujours lieu dans les idées, souvent lieu dans les rues mais jamais lieu dans les assiettes !

J'apprends que nous n'aurions eu le choix qu'entre Christ ou Prométhée ?
Qu'à cela ne tienne, nous aurons eu tôt fait d'ériger Judas en sauveur d'un jour et Dieu lui-même en mauvaise marionnette du spectacle planétaire avec ses fichues représentations éternellement rejouées, même la croix est devenue un signe de ralliement phallique pour atrophiés du bulbe quand ce n'est pas un bijou pour petits communiants innocents...
Au fond, seul Pilate avait raison qui s'est lavé les mains avant de se lier aux marchands du temple et de louer les putains de la rade...

Nous sommes en rade.

Personne n'a pu changer le monde. Personne.
Et tous les sauveurs gommeux et les seigneurs à la gomme que nos cervelles plombées et nos coeurs bouclés ont nourri à la petite cuillère, en fait, n'auront été que des fossoyeurs, les fossoyeurs de nos vacuités et de nos vanités...

Alors nous avons changé de monde.
Vapeurs et volutes.
Jointés à mort.
Jusqu'à ce que nos foies macérés (et faussement troués) ne délivrent leur véritable identité : ils ne sont - et ne furent - que puissants buvards assoiffés en permanence de nos parts d'enfance liquéfiées...
Bien entendu nous avons tout essayé, mais bien entendu nous n'avons rien essayé, nous avons semé des petits cailloux blancs en guise de pierres philosophales, en même temps que nous les réduisions en solution pulvérulente bonne qu'à semer le trouble, entretenir le troupeau et creuser la tombe, nous n'avons pas retrouvé le chemin, et, aux dernières nouvelles, il semblerait que nous nous en foutions souverainement... D'ailleurs, quoi de neuf à l'arrivée sinon la confirmation que nous n'avions en poche qu'un satanique aller-retour ?

Des massacres en série ? Théâtre !
Des commerciaux de la misère ? Cinéma !
Des industriels de la mort ? Roman !


Tout nous épargne puisque rien ne nous est épargné.

D'amnésies en autismes, d'orgies en charniers, de longueurs de pages en longueurs d'ondes, de tribunes en tréteaux, de colloques en conférences, de clubs en clans, de repas de famille en familles recomposées, et pour tout dire de messages messianiques en marches forcées, nous n'avons eu d'yeux et d'oreilles que pour nos nombrils badigeonnés à l'huile des icônes hystériques et du lyrisme électrique, nous avons enfourné nos chants et nos légendes dans l'anus politique de nos culs par-dessus tête, encartonné nos plus belles années dans les caves moisies du consensus cool, nous avons joué avec le bonheur et le plaisir comme on joue aux dés, alors le bonheur et le plaisir se sont joués de nous en revêtant le sombre masque et la panoplie sordide de la vérité, pourtant " la vérité vous rendra libre " avait-il dit avant que l'on écrive aux frontons des chiottes d'un Occident bien-pensant et bien bedonnant (et droitdelhommiste) que seul " le travail rend libre ", nous avions toutes les cartes en main mais nous avons choisi le menu le plus hideux et le plus odieux, à l'athanor de nos existences empêchées nous avons transformé l'or en plomb, nous ne sommes plus que des vieux cons dans nos cuisines azoïques à la recherche utopique de l'authentique, du bio, de l'équitable, en somme le vieux truc de la caverne...

Tiens, là, le soleil sur ma page...


* Laurent Morancé

2250 JOURS SANS ELLE...


À savoir que...

Par Laurent Morancé :: mercredi 16 avril 2008 à 20:50 :: 02 - Avril 2008


Light Stockings
Photographie de Alexandre Maller


Comme chacun sait, on ne sait jamais...
Voici :

- Comment tu me trouves ?
- En te cherchant...


* Laurent Morancé

2244 JOURS SANS ELLE...





L'ivre...

Par Laurent Morancé :: jeudi 10 avril 2008 à 20:50 :: 02 - Avril 2008


Marilyn lit Ulysse
Photographie de Eve Arnold (1952)


- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je lis.
- Mais quand est-ce que tu vas te décider à faire quelque chose ?


* Laurent Morancé

2238 JOURS SANS ELLE...


Monica blues...

Par Laurent Morancé :: mercredi 09 avril 2008 à 20:50 :: 02 - Avril 2008


Monica Lewinsky avant...


Et après...


Pluie sans discontinuer. Un ciel ravagé par le chagrin.

Une banderole merdique déployée dans un stade chauffé à blanc, des sépultures de mes frères musulmans profanées avec une barbarie sans fin et une bêtise sans fond dans le Pas-de-Calais (les supporters en rut du Paris Saint Germain n'ont pas fini de se branler l'hypophyse), un gouvernement chinois qui n'a que faire d'un quelconque retour de flamme, le Darfour et la Tchétchénie aux abonnés absents de toutes les revues de presse du monde, Ingrid toujours en enfer...

On vomit quand ?

Depuis Monica Lewinsky, on ne dit plus fellation mais art-Monica (Laurent Ruquier)...
Vous allez voir ce que vous allez voir, on va finir par dire que la célèbre stagiaire de la Maison Blanche était clintonridienne... Bon, ne sombrons pas dans la grossièreté qui, c’est le bon sens même, n’a strictement rien à voir avec la vulgarité...  
Quelle histoire ! Une histoire qui n’a pas encore fini de faire tache, si j’ose dire, dans la vie et l’oeuvre de ce cher Clinton (c’est tout vu, dans le registre " censure à l'envers ", personne pour reparler de la pipe du siècle quand il s'agit pour Hillary de casser le Barack avant de trôner dans le fameux bureau ovale - et avale)...

Comme les années Clinton me paraissent ancestrales !
Quand je pense que les taches rouges sang sur le tailleur de Jackie ont beaucoup moins remuer les consciences que les taches blanches sur la robe de Monica...
Quand je pense aussi qu’un linceul d'un nouveau genre et qu’un cigare cubain (donc prohibé) ont failli causer la chute d’un président américain, ce qu’une guerre au Viêt-nam et qu’une autre en Irak n’auront jamais réussi à faire - ah ! Les States et leur foutue privat life s’agissant de ceux qui les gouvernent ; le clan Kennedy en sait quelque chose...
Vivement le jour où l’on découvrira que les camarades Ben Laden et Bush s’entendent comme larrons en foire pour organiser des parties zoophiles dans le fameux bureau...  

Trêve de plaisanterie...
Savez-vous ce que devient Monica ?
Non ?
Vraiment pas ?
Eh bien, elle a pris quinze kilos (orgies de chips et de sodas devant la télé), couche avec quelques mecs ennuyeux (qui votent républicain) rencontrés sur un truc genre Meetic, s’exerce tant bien que mal au jogging matinal, est inscrite dans un club de fitness, consulte un psychotérapeute une fois par semaine (comme son chien), renouvelle de manière compulsive sa garde-robe et rêve d’acheter une chaîne de pressing (" inconscient " quand tu nous tiens), fréquente une église évangélique à la con, se caresse de temps à autre en pensant à son Bill (facture en anglais)...

Les soirs de grande détresse, elle se repasse en boucle un florilège en fondu enchaîné de la présidence de son ex patron puis bascule dans un trop-plein de vide...  
Une nuit, entre fièvre et frissons, elle l’a même revu le dos courbé, effondré, les deux surfaces malaires inondées, en train de pleurer la dépouille de Yitzhak Rabin, mais, à l’instar de cet idiot de Bush - ce dernier frétillant encore de la queue à la simple idée de fréquenter un type pas tout à fait fini puisque capable d'envoyer des bataillons supplémentaires en Afghanistan -, ne comprenant rien à rien, s’est vite réveillée pour se rendre à la cuisine
et siroter une bière tiède et bouffer une tartine au beurre de cacahuètes...

Et Monica vomit...


* Laurent Morancé

2237 JOURS SANS ELLE...


Un balcon en forêt...

Par Laurent Morancé :: jeudi 03 avril 2008 à 20:50 :: 02 - Avril 2008



Photographie de
Magaly Bertholin


Un temps à ne pas mettre un renard ou une poule dehors...

Lorsque je marche dans les bois, j'aime entendre le bruit des branches mortes qui craquent sous mes pas...

En vérité, les forêts sont pleines de pépites spectaculaires et de trésors enfouis, d'absidioles inédites, de nefs et de choeurs inattendus, de portails et de tympans incomparables, de vitraux infalsifiables et de tabernacles improvisés ; au fond, les forêts sont les seules cathédrales dignes de l'être (substantif et verbe)...
La forêt, il faut la croire, l'écouter, la pratiquer, il faut l'aimer. Il faut la servir aussi (et non pas l'asservir), la domestiquer, l'entretenir, la soigner ; la forêt, sachons-le, ce n'est pas la jungle...

Il m'arrive de penser que celles et ceux d'entre nous qui jamais ne se mettent au vert, ou bien qui font un p'tit tour à la campagne ou en forêt une fois l'an comme on fait son p'tit tour au Salon de l'Agriculture, qui fuient comme la peste la compagnie des arbres et des oiseaux, la complexité ferroviaire des chemins et des sentiers, la mauvaise réputation des orties et des ronces, l'agressivité supposée de quelque escadrille d'insectes indélicats, ne s'avèrent pas foncièrement fréquentables...


Développons...

Celles et ceux d'entre nous qui ne se cantonnent qu'à la ville et à ses rubans métalliques aux relents de pétrole brûlé, qui ne se cramponnent qu'au béton (souvent armé), qui plastronnent dans le bruit et la fureur au milieu des afféteries vénales et des assuétudes consuméristes, qui déconnent (et déconnectent) en fric-frime-fringues à la recherche d'un hypothétique quart d'heure warholien, qui claironnent la possibilité d'une île apaisante et régénérante, d'un îlot de salut, sans avoir à se coltiner le compagnonnage oxygéné des bruyères, clairières, conifères et autres fougères, tôt ou tard, en paient le tribut avant d'en faire pâtir autrui ; ce sont alors acrimonie, angoisse, colère, jalousie, lourdeur, mauvaise humeur, méchanceté, stress, violence, vulgarité, infatuations de toutes sortes, débordements de toutes natures, qui remplissent le tableau des jours et des nuits et qui font que toutes les couleurs se fondent et se confondent en une masse aigrise et grise...

Cependant, loin de moi l'idée de prôner un retour à je ne sais quelle savane unanime ou toundra globalisante, un retour aux racines, aux sources, au terreau, au terroir, Chasse-Pêche-Nature-Tradition très peu pour moi, on sait hélas ! où tout cela peut nous mener, en général destination Travail-Famille-Patrie et tout le saint-frusquin...

En l'espèce, il s'agit simplement d'établir des passerelles entre la campagne et la ville, des corridors pleins d'humanité (et d'humanitude) entre nos chers puzzles de troncs et d'houpiers, de feuilles et de fleurs, et nos non moins chers meccanos d'acier et de ciment, de fer et de verre, passerelles qu'il nous serait loisible d'emprunter à discrétion, sans aucun laissez-passer...

Vous me suivez ?


* Laurent Morancé

2231 JOURS SANS ELLE...

PS : je hais la forêt (colombienne)...