LE JOUR ET LA NUIT... (Ré)jouissances et résistances de Laurent Morancé... Carnets & Chroniques d'un auteur (presque) anonyme, esthète, épicurien et libertin, amoureux des arts et de la littérature, en guerre contre le Système...

http://lejouretlanuit.zeblog.com/

Calendrier

« Mai 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 

Laurent Morancé

Blog créé le le 30/12/06

Blog

Catégories

Derniers commentaires

Derniers billets

Pages

AU COMPTEUR

AU LIVRE D'OR

BLOGS DE CHOIX

Aliscan
Qui a la vie...
Angélique
Et ses mondes...
Ariaga
Laboratoire du rêve...
Arthémisia
Corps et âme...
Astrale
Comme un oiseau...
A @ T
Les adultes terribles...
Azulamine
Talons aiguilles...
Berlol
Journal LittéRéticulaire...
Bertrand Guillot
Second Flore...
Caroline L.
Tout à fait décousu...
Catherine
Elle crie, elle écrit...
Céphée
Les céphéides...
Chantal Serrière
Ecritures du monde...
Charlotte
Elle pense que(ue)...
Chriscot
Faire du sud... enfin.
Cile
Comment dire... ?
Claire
Femme dérangée...
Claire Ogie
À visage découvert...
Claire Ogie
Des sens...
Clarinesse
L'oeil du vent...
Coumarine
Petites paroles inutiles...
Dahlia
My Way or the Highway...
David Abiker
Livres, rendez-vous...
D & D
25 images...
Désirée Thomé
Aubes vives...
Didier Jacob
Rebuts de presse...
DjonySos
Une véranda de Nietzsche...
Elise et moi
Sans Dessus... Dessous...
El Papou
Jocondophilie...
Eric Chevillard
L'Autofictif...
Evelyne Louvre-Blondeau
Blog intime en BD...
Fée d'hiver
Faits divers...
Feuilly
Marche romane...
Françoise Simpère
Jouer au monde...
H2.O
Parce que...
Honorine Balthazar
L'artistique chemin...
Igneus
Ignition...
Ile & Aile
Libertango...
Imago
Le tiroir du bas...
Jean-Christophe Grellety
L'action littéraire...
Jean-Louis Kuffer
Carnets littéraires...
Jean-Michel Maulpoix
Logbook...
Jeff
Terrains de je...
Judith Lesur
OVNIS textuels...
Juliette Mézenc
Ecrire...
Kaïkan
Amirauté...
La grande Loulou
Le blog du bouchon...
Lam
Les vents de l'inspiré...
L'Arpenteuse
Imago Mundi...
Le Correspondancier
Clarté, piliers, unité...
LeLiGraTe
Invariablement...
Lidia D.
L'effondrement...
Loïs de Murphy
Biffures chroniques...
Luc Lamy
Et toc !
Lunettes rouges
Amateur d'art...
Madeleine & Georges
Nos liaisons dangereuses...
Madison
Son espace privé...
Marc Pautrel
Ce métier de dormir...
Martin Cadeau
Dires et médires...
Mauricette Beaussart
Etoile point étoile...
Mikaël Hirsch
OMICRoN...
Miriam Naïli
À quoi rêvent les filles ?
Miss Purple
Parfumée à la fille...
Modimo
Les hommes vivent ainsi ?
Mystérieuse
Son univers érotique...
Noir intense
Charm's...
Orchis-Mauve
Ses poèmes...
Ouam Chotte
Premier jet...
Philippe Chauché
Il écrit...
Philippe Landreau
Dans les zones d'ombre...
Philippe Tastet
Dessins de presse...
Pierre Assouline
La république des livres...
Pierre-Léon
Taxi de nuit...
Pitou
Au bout de la lettre...
Pivoine blanche
Ses carnets...
Raphaël Sorin
Lettres ouvertes...
Raymond Alcovère
Littérature, air du temps...
Richard Lejeune
EgyptoMusée...
Sacha Love
Quotidien d'une escort girl...
Sensual Memories
Egocentrisme amoureux...
Serghei Litvin Manoliu
D 0010...
Shaade
L'ombre...
Shaggoo
Shagoosphère...
Sonya
Aux tempes des miroirs...
Sophie
(Philo)sophie...
Soulef
Son journal intime...
Stéphane Barbery
Tropiques japonaises...
Stéphane Darnat
Le Solitaire rature...
Stéphane Vallet
Journal d'un inquiet...
Teaki
Blog très littéraire...
Thaïs
Plaisir partagé...
Tietie
007...
Vagant
Extravagances...
Valérie Tong Cuong
Providence...
Valmont (bis)
L'érotisme se dévoile...
Walter Lewino
Une idée par jour...
Xfor4
Ballade des sens...
Yoyo
Elle aime la vie...
Ysé
Sens dessus-dessous...
Zoridae
Sexualité des araignées...

COUR DES ARTS

Peintres & Plasticiens

CAROLINA
Anne DELPLACE
Odile DE SCWILGUE
LEPOLSK
Bona MANGANGU

Photographes

Jonathan ABBOU
Laurent BENHAÏM
Magaly BERTHOLIN
Patrick BOCK
Vincent CITOT
Yvan GALVEZ
Emmanuel GEORGES
HUMPTY
LAZLO
Dominique LEFORT
Jacques LEINNE
Isabelle LEVENEZ
Michel LEVY
MAGNOLIA
Ludovic MAILLARD
Alexandre MALLER
Tina MERANDON
Clément-Olivier MEYLAN
Jean-Sébastien MONZANI
Gregor PODGORSKI
Sylvaine VAUCHER

Sculpteurs

Jean-Pierre CEYTAIRE
Solenn HART
Alain KIRILI
Jacques LE NANTEC
Alexandre MIJATOVIC

(H)AUTEURS DE VUE

COLETTE
Chérie...
Bernard-Marie KOLTÈS
Une part de sa vie...
LAUTREAMONT
Du cas Ducasse...
Henri MICHAUX
Plume (et pinceau)...
Raymond QUENEAU
Fendre les flots...
Arthur RIMBAUD
Quatre saisons au paradis...
SADE
Divin...

(H)AUTEURS EN VUE

Hafid AGGOUNE
Les avenirs...
Paul AUSTER
Vertigo...
François BON
Le tiers livre...
Eric CHEVILLARD
Mourir l'enrhume...
Michel CHAILLOU
L'écoute intérieure...
Pierre-Marc DE BIASI
Matières à lire...
Julia KRISTEVA
Révolte intime...
Gabriel MATZNEFF
L'exilé absolu...
Jean-Michel MAULPOIX
L'écrivain imaginaire...
Valère NOVARINA
Pendant la matière...
Hubert NYSSEN
Un endroit où aller...
Emmanuelle PAGANO
Les corps empêchés...
Marc PAUTREL
L'être heureux...
Eric POINDRON
Cabinet de curiosités..
Arnauld PONTIER
Tout à fait net...
Philippe SOLLERS
Passion fixe...
Valérie TONG CUONG
Noir dehors...
Emmanuelle URIEN
Tentative d'évasion...

HAUTS DE GAMME

Classique

Lise DE LA SALLE
Pianiste
Anne-Sophie MUTTER
Violoniste
Vanessa WAGNER
Pianiste

Jazz

Biréli LAGRÈNE
Guitariste

HAUTS LES CHOEURS

Chanson française

Michèle BERNARD
Alain SOUCHON

Jazz

Norah JONES
Diana KRALL
Madeleine PEYROUX

Opéra

Cecilia BARTOLI
Natalie DESSAY

LOT OF LAUGH

Jean-Jacques VANIER

METS-VINS-MOTS

CEP DIVIN
Imaginaire des vins...
Anne GUILLARD
Clin d'oeil gourmand...

OVNIESQUE

Stéphane BARBERY
Sur son arbre...
Corine GIRIEUD
Défricher et déchiffrer...
Didier NORDON
Mate les maths...

PAPIER JOURNAL

ART PRESS
Quand il nous (dé)peint...
LE MONDE
Quand il nous (r)enseigne...
LE MONDE DIPLO
Quand il (nous) déchiffre...
LE NOUVEL OBS
Quand il nous explique...
LIBERATION
Quand tu nous tiens...
MAGAZINE LITTERAIRE
Quand il (é)lit...
MARIANNE 2
Quand elle nous (ap)prend...
TELERAMA
Quand on n'a pas de télé...

PAS SAGES EN REVUE

BIFFURES
Recherche & création...
BUZZ... LITTERAIRE
De bouche-à-oreille...
HERMAPHRODITE
D'art et d'humeur...
IMPUDIQUE
Les 3 " cas " de Cali Rise...
IN SITU !
Arts et littératures...
IRONIE
Critique et ludique...
LA VENUS LITTERAIRE
Erotisme Littérature Idéal
LE MAGUE
Journal...
LIMINAIRE
Un espace de sursis...
PLUM'ART
Verbe audacieux...
RUE 89
Notre révolution de l'info...
STRICTEMENTCONFIDENTIEL
Littérature, cinéma, bordel...

RADIOACTIFS

BLOGS A PART
Alexandre Boussageon
DU JOUR AU LENDEMAIN
Alain Veinstein
LÀ-BAS SI J'Y SUIS
Daniel Mermet
TOUT ARRIVE !
Arnaud Laporte

TOILE (en folie)

DESINFORMATIONS.COM
De bon goût...

FILS RSS

S'élever...

Par Laurent Morancé :: jeudi 15 mai 2008 à 18:30 :: 01 - Mai 2008


La croix du Nivolet dominant Chambéry (Savoie)...


Il s'agirait donc d'un accouplement avec l'ataraxie,  d'honorer un rendez-vous avec la paix, le silence, le soleil (?), la lune, les insectes - ah ! Les papillons ! -, les oiseaux de bon augure en leur ramage sériel, les fleurs sauvages, les arbres verts, les ruisseaux chantants, les pierres vivantes, oui, vivantes, un rendez vous avec mes livres (du moment), mon carnet de notes, mon stylo, un rendez-vous, enfin, avec moi-même, tout à la joie de me (re)trouver - j'espère...

L'espace-temps de quelques jours et de quelques nuits, caresser les sommets et tutoyer la canopée, être tout en étant ailleurs, et réciproquement...

Picasso : " Je ne cherche pas, je trouve. "

À lundi...


* Laurent Morancé

2273 JOURS SANS ELLE...


Free box...

Par Laurent Morancé :: mardi 13 mai 2008 à 20:50 :: 01 - Mai 2008


Vue de la Giraglia
Photographie de
Patrick Bock



Onze mois que je l'ai rencontrée, ou bien plusieurs semaines, ou bien treize heures, ou bien sept secondes, ou bien un siècle, je ne sais pas, je ne sais plus, dans ma tronche et dans mes tripes tout se fait et tout se défait, tout fond et tout se confond, et c'est ainsi que tout s'effondre et que tout se fonde...

Elle ne me laisse pas tranquille, m'empêche de dormir, écrit mes cauchemars, fabrique mes rêves, m'accélère, me rembobine, me confine à l'état de veille, me proscrit les pauses, m'autorise les poses - et encore ! -, en permanence me fiche, me file, me filme et me flique, elle me flingue, elle me prend la main, souvent me prend par la main, parfois passe la main, me fait longer les eaux tranquilles du fleuve totalitaire, quand bien même je me retrouve les deux pieds dans la vase, me lance des promesses d'océan, de grand vent, de vaste horizon, me détourne des eaux tumultueuses, m'englue dans le cours liquide en crue, m'emporte au large, me fait chavirer, me retient captif sur son île, me prodigue de beaux gestes et me promet de beaux restes, elle me câline, me protège, me questionne, me renvoie à mes chères études, à mon silence-refus et à ma solitude-refuge, me fait bouffer mes régurgitations, boire ses poisons, se gausse de ma souffrance, se moque de ses propres convenances, se fout des circonstances et des contingences, elle fait les poubelles, (s'é)puise dans les sacs à merde, se goberge dans mes bacs à linge (sale), fourre son tarin dans le moindre de mes corridors intraveineux, agite le bâton et la carotte, manie le chiffon rouge comme le drapeau blanc, collectionne mes crottes de terre, cire mes bottes secrètes, expose mes déchets organiques à la vindicte poulaire, exploite mes écouteurs, explose mes forfaits, expurge mes efforts et mes faits d'arme, élucubre, m'enlise et m'encule, me casse les couilles, me fout la trouille, de la cave au grenier fouille et refouille, tient mon dossier à jour, expédie ses rapports à l'heure, me porte, me supporte, mais toujours rapporte, se lie avec le sublime, se ligue avec le spectacle, elle me sous-traite et me soustrait, me sous-paie, me piétine, me pollue, elle abreuve mes souvenirs et me nourrit l'âme, elle me pourrit la moelle, elle me tord les boyaux, me troue le cul, me triture les tripes, me pompe le dard, me dore la pompe, me suit, m'essuie, me poursuit, elle se cogne à moi, se frotte à moi - mais ne s'y pique pas -, fait ça comme personne, elle me rouille, me souille, me mouille, elle se mouille aussi, elle m'attire, m'attise, me tire, m'étire, elle me nargue, tous les jours elle me recrute, et tous les jours me congédie, elle me laisse faire, me fait chier, me fait gerber, elle m'épouse à reculons, mène la noce à tâtons, et ouvre le bal des cons,  mais demeure incapable de me répudier, elle fait de moi son bijou, sa fève, son poil, sa plume, elle est mon grain de sel, mon gorille, mon épée, mon épice, mon épouse, mon épouvantail, mon épreuve, elle est mon grain de sable - évidence ! -, elle est ma cervelle, mon coeur, mon foie, mes poumons, ma rate, mon sucre festif, mon suc digestif, mais elle est aussi la crasse incarnée, le désordre intégré, elle est une fêlure traumatique, un foutoir hystérique, un fatras magnétique...

Je m'éloigne - elle me montre son derrière, écarte les cuisses, crie, exhibe ses seins de feu (et de glace), s'exalte, exulte, c'est une sainte qui (me) touche, une salope d'autel, une vierge trouée, c'est, elle est, une déesse travestie en diablesse elle-même déguisée en messie, elle est songe et mensonge, projectionniste du vide et dialoguiste du pire, elle est mon bâtonnet d'encens, ma bougie au soleil, mon cierge émasculé, elle pue, elle me lèche et elle me suce, me tourne et me retourne, ses caresses me détournent, sa tendresse m'enfourne  (et me rend fou), elle m'excite, m'exhorte, et finalement m'expulse bien au-delà de ses territoires en jachère (déjà), elle est ma fraîcheur, mon frémissement, ma fièvre, mon frisson, elle est aussi ma recette, mon remède, ma réserve, ma ressource, elle est  LA réponse, elle est mon enfer quotidien, mon paradis perdu, ma crèche sélénienne, mon cimetière marin, elle est mon saint chrême suprême, ma cyprine divine, elle s'immisce jusque dans ma salive, mon sang, mon sperme, ma sueur, " sssssssss " dit-elle, elle est le serpent, c'est une vipère au point, un boa destructeur, une couleuvre, elle est mon oiseau des îles, mon aigle royal, mon albatros revenu, mon choucas abandonné, ma colombe estropiée, mon dodo génocidé, mon retour des cigognes, mon hirondelle primesautière, mon puffin métissé, mon vautour en suspens, elle est évidemment mon perroquet, elle est mon cheval de course, ma jument verte, mon innocent poulain, mon cheval de trait, mon cheval de Troie, mon chevalier d'Eon, ma transsexuelle de la matière, ma Louise Michel, ma Marie Marvingt, ma Mata Hari, elle est ma cigarette du condamné, mon tabac froid, mon antalgique, mon antidépresseur, ma came, mon eau fraîche, mon narcotique, mon vinaigre, mon viagra vulgaire, ma dragée haute, mon bonbon, elle est bonne poire, peau de banane, et c'est aussi une pomme, une pomme d'amour, mon sermon du jus de pomme, ma rainette pressée, ma golden girl, ma peau, ma pulpe et mes pépins, c'est une carne, une larve, une conne, une corne (d'abondance), une crosse, et c'est une bête à corne et ce sont des coups de crosse, elle est grosse et grossière, elle est son propre complexe, elle est illisible, indicible, invisible, indéfrichable et indéchiffrable, elle est mère, soeur, amante, prostituée, reine, elle est lune dans le caniveau des choses et soleil dans le tabernacle des vivants, elle est la tôlière du truc embrasé, la groom service de l'ancestral secret, la femme de ménage du miracle monstrueux, elle est la caissière, la tête de gondole, la promotion du jour, c'est un complexe commercial, un chariot métallique aux roulettes de cristal, un chariot qui déborde de fruits défendus, de légumes brillants, de viandes grasses, de vins capiteux, elle est l'entrée dans la fête, elle est une entrée de fête, elle n'est pas hors d'oeuvre, elle est chef d'oeuvre, plat de Résistance, elle est une farandole de desserts, ma bolée de miel, mon bol d'air, ma compote industrielle, ma propre pomme de discorde, elle est mon économie, ma politique, mon plan b, ma stratégie, mon armée de réserve, ma chapelle, ma cathédrale, mon divan, mon divan le terrible, elle est ma centrale themique, mon réacteur nucléaire, ma pile électrique, mon courant alternatif, ma lanterne magique, elle est un réverbère dans la nuit, oui, c'est exactement ça, un réverbère dans la nuit, elle est un phare, elle est accro, elle a les crocs, elle est à cran, elle est une accroche, elle est écriture, écrit vain, une clocharde céleste, une cloche muette, elle est papivore, elle est omnivore, elle est exclusivement carnivore, elle est mon frontispice, mon péristyle, mon tympan, mon blason, ma clé des champs, mon cadenas tout terrain, elle est mon anacoluthe, mon anaphore, mon apocope, mon oxymore, elle est mon synonyme, mon solaire solécisme, elle est ma bouée et elle est mon buvard, elle est l'essence et le sens, elle est l'absence hélas, elle n'a pas mais elle est...


- Elle est tout ça ?
- Bien sûr que non, espèce de gourmand invertébré.

Je veux bien vous la montrer, et si vous êtes sage, c'est-à-dire assez fous et tordus pour l'être, je vais vous la démontrer, et vous pourrez la monter, à votre guise, je vais vous faire entrer dans sa notion, son concept, sa valeur, son amphigourique définition, son énigmatique surnom, les arcanes et les méandres de toute son existence, bien sûr je n'ignore pas leurs fusils d'assaut braqués sur nous autres moutons engourdis, leurs grottes à fromages moisis, leurs grandes et laides toiles de maîtres chanteurs, leurs jalousies magnétiques, leurs enfances étouffées, leurs comptabilités truquées, leurs boutiques de pastiches et de postiches, mais je m'en tape et m'en taperai jusque dans la tombe, et l'on oubliera ma tombe, et l'on oubliera la vôtre, vous verrez...

Allez, j'y vais, je fonce, j'enfonce, et j'enfonce même les portes ouvertes...


Pour la voir, la sentir, la toucher, l'écouter, la goûter, pour lui sauter dessus, la baiser dans les eaux limpides du fleuve (les eaux, finalement, sont limpides), pour lui faire l'amour, ne pas oublier son image, son visage, et jusque son âge, pour enfin la guider dans vos sentiers tortueux, et, en fin de compte, pour lui demander sa main tout en lui donnant la vôtre - et peu importe les retombées, les rancunes, les remords, les rapports au siège (social), les renvois empoisonnés d'ascenseur énervé, les remember et les remake, les retours en arrière, les retours de bâton -, oui, pour tout ça, veuillez avoir l'obligeance, frères et soeurs de chair, d'os et de sang, de cliquer ici...


* Laurent Morancé

2271 JOURS SANS ELLE...


Rose grenadine...

Par Laurent Morancé :: samedi 10 mai 2008 à 19:30 :: 01 - Mai 2008




L'été en pente douce.

* * *

10 mai 1981.
La mine déconcertée, figée, la mine déconfite de Jean-Pierre Elkabbach, sur Antenne 2, peu après qu'il a vu apparaître sur l'écran cédeuzionewelbulien, au prix d'une antique image de synthèse accouchée au forceps (vingt-trois ans de grossesse, ça use), le visage de l'impénétrable impétrant.
Ce soir-là, à vingt heures très précises, la figure du président élu, découpé en bandes horizontales, se déploya progressivement, de haut en bas, sur les téléviseurs de la Gaule aux aguets.
Valéry Giscard d'Estaing et le candidat socialiste tous deux dégarnis, du haut de mes quinze ans, je me souviens avoir tremblé aussi fort que mes parents, mais dans le sens inverse (dans les années 60, les chiens faisaient des chats).
En deux temps trois mouvements Hitchcock relayé au rang de majorette municipale...
Et puis champagne !
Pour ma part, mon jeune âge (?) trempé dans une atmosphère dominicale et familiale plus que " serrée ", ce furent un verre de grenadine et l'appel de la couette, une couette rouge et noire aussi douillette que dérisoire - et pour vous ?
Mon état de grâce n'aura donc duré que vingt minutes...
Mais ce soir-là, c'est surtout Jean-Pierre Elkabbach qui aura eu une tête de vainqueur...

Toute la nuit du 10 au 11 (le joli mois de mai décidément), folie furieuse et joyeuse dans toutes les grandes villes de France, et particulièrement à Paris, et précisément place de la Bastille (L'Internationale se substitua à La Marseillaise ; le Peuple de Gauche, enfin parvenu au terme de la longue marche qui mène au pouvoir, hissa haut et fort les slogans et les pavillons de la victoire ; et tout le bastringue).
Dans le ciel de la capitale, déjà menançant, des trombes d'eau se greffèrent à la fête qui éventrèrent les parapluies, comme pour éteindre un incendie en souffrance - et puis n'avait-on pas prédit l'invasion prochaine de la place de la Concorde par les blindés soviétiques... ?
La Concorde, la place de Little Président.
En 2002, Chirac optera pour celle de la République, " La République est entre vos mains ", nous aura-t-il prévenu dès les résultats du premier tour connus, remarquez, il se sera effectivement agi d'un choix entre la république et le porc de l'angoisse (j'excelle en orthographe).

Retour au 10 mai
La place de la Bastille sous nos pieds (comprendre la Bastille à nos pieds).
Eclairs, tonnerre et pluie toute la nuit, une pluie d'abat sans pudeur sur les fêtards aveugles et sourds (bah oui), la rose brandie vers l'injuste ciel en lieu et place des révolutionnaires outils aratoires...
Elles ont des épines et elles se fanent vite, les roses.

* * *

François Mitterrand, donc...

L'homme des parts d'ombre et de lumière, du choix définitif de l'ici et du maintenant...
L'homme pétri d'humanisme et rempli de fatuité...
L'homme des coups de blues, des coups d'éclat et des coups de Jarnac...
L'homme bulldozer et boxeur et l'homme funambule et charmeur...
L'homme qui aura " débordé sa propre vie " (Jacques Chirac)...
Mitterrand et son passé décomposé, son temps de l'imparfait, en tout cas un passé pas très simple...
François Mitterrand et Vichy, et ses fréquentations plus que douteuses, et son entrée de fait dans la Résistance...
François Mitterrand et sa pratique sophistiquée du mensonge, et son art et sa technique si subtils pour dissiper les illusions et tuer dans l'oeuf les malentendus, et ses dizaines d'affaires en eaux glauques, et son mal caché, combattu seconde après seconde, puis révélé - " un combat honorable à mener contre soi-même " -, et ses deux femmes, au moins, et ses drôles d'enfants...
François Mitterrand de Latché et de L'Elysée...
François Mitterrand le morvandiau et le parisien...
François Mitterrand l'africain, l'égyptien, le solutréen et le vénitien (il aura eu l'histoire de sa géographie)...
François Mitterrand à Sarajevo, au péril de sa vie, flanqué de l'insondable Bernard Kouchner (déjà ministre)...
François Mitterrand et ses amis honorés, promus, récompensés, enrichis, et ses amis oubliés, reniés, disparus, suicidés...
François Mitterrand et la question de Dieu - testament : " Une messe est possible " -, et celle du Temps - " Laisser le temps au Temps " -, et celle de l'Eternité - sur le chemin du Panthéon au premier jour de sa présidence -, et celle de la mort - " Je crois aux forces de l'esprit "...
François Mitterrand et son amour pour les arts et pour les lettres - et jamais de fautes de français (suivez mon oreille) ni de fautes de goût (suivez mon regard)...
François Mitterrand et sa soif inextinguible de Vie plus que de Pouvoir (appréciation personnelle)...
François Mitterrand et sa politique, surtout : l'abolition de la peine de mort, l'invention du R.M.I., la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux, la dissolution des tribunaux militaires, la décentralisation, des envolées grandioses au Bundestag et à la Knesset, la construction européenne, l'amitié franco-allemande revisitée et revivifiée...
François Mitterrand main dans la main avec Helmut Kohl, à Verdun, et quelques années plus tard les larmes du grand Chancelier fatigué pleurant son ami défunt en la cathédrale Notre Dame de Paris...
François Mitterrand et vous...
Tonton et moi...


Certes, nombre d'ingrédients étaient réunis pour que je le détestasse, ce vieux renard des surfaces et des tissus, et pourtant je l'ai respecté, je l'ai soutenu, et pour tout (vous) dire je l'ai même aimé.
Sans amertume.
Et sans honte.

Je l'imagine, aujourd'hui, de retour parmi ses camarades en politique, rue de Solférino, les considérer longuement et tristement, avant de puiser dans son carquois une flèche aigre-douce, à l'instar de celle-ci, par exemple, débusquée dans L'Abeille et l'Architecte (Fayard, 1980) :

" Qui a peur de son ombre attend midi pour se lever. Pendant ce temps, les autres courent. "

* * *

" Je vous demande ce soir d'avoir une pensée pour cette partie de la France qui ne partage pas notre joie. "

Mots prononcés le 10 mai 1981, place de la Bastille, par un certain Michel Rocard...

* * *

La mort de Pascal Sevran éveille en moi quelque reviviscence...
Ici et maintenant, mon bon souvenir convoque à l'appel l'inénarrable Georges Marchais (encore un atomisé par feue la Force tranquille) en train d'apostropher un journaliste en ces termes, en direct, à la télévision, un journaliste qui, ces temps-ci, a manqué à la courtoisie la plus élémentaire et à la déontologie la plus formelle - c'est le moins que l'on puisse dire  :


" Taisez-vous Elkabbach ! "


* Laurent Morancé

2268 JOURS SANS ELLE...


Alea jacta est...

Par Laurent Morancé :: vendredi 09 mai 2008 à 17:00 :: 01 - Mai 2008




Orbe solaire tout d'or paré et ciel céruléen - poésie de chiottes quand tu me tiens...

* * *

La Birmanie, ou quand la nature s'en mêle...

De Aung San Suu Kyi, née en 1945, prix nobel de la Paix en 1991, assignée à résidence par la junte militaire, dans Se libérer de la peur (Editions des Femmes, 1991) :
" Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui l'exercent, et la peur des matraques corrompt ceux qui y sont soumis. "

* * *

François Mitterrand, et le recours et le secours de l'Egypte pour y vivre son dernier Noël...
Noël et Fuite en Egypte, vieille histoire...
" La Momie ", dit du prédecesseur de Jacques Chirac le narrateur de Sudio (Gallimard, 1997) - l'un des meilleurs romans de Sollers
- sans pour autant le nommer...
Sur la Toile et sur les murs, Little Président se fait régulièrement surnommer Sarkophage...
Absence congénitale de pharaon.

Travailler moins pour mieux (s')épargner selon le grand humoriste américain Will Cuppy (1884-1949) :
" La forme même des pyramides d'Egypte montre que déjà les ouvriers avaient tendance à en faire de moins en moins. "

J'en prends le pari : Jean-François Champollion aura autant peiné et sué pour déchiffrer les hiéroglyphes que votre serviteur pour former un c cédille majuscule avec son clavier.
Ca c'est vrai ça !

* * *

Mettons le nez dans le cambouis, et nous aurons les mains propres.

" Chacun ses oignons ! ", répondit X. en pleurant.

L'écriture aromatisée de Beckett dans En attendant Godot (Editions de Minuit, 1952) :
" Tu pues l'ail ! ",  lance un clochard à son compagnon d'infortune (Vladimir), le clochard en question répondant au nom d'Estragon.

" Je ne suis pas pour mais je n'ai rien contre ", réagit M. en mesurant le pour et le contre tout en se tournant les pouces.

* * *

Pourquoi un tel acharnement à prétendre que la distance la plus courte pour rallier un point à un autre soit la ligne droite alors que la terre est ronde ?

Et pourquoi cette infinité de décimales pour aller de 1 à 2 alors que précisément les trotteuses de toutes les montres du monde ne mettent qu'une seconde pour rallier 1 à 2 ?

Deux - Duo - Duel
La trinité enfin révélée.

* * *

Si tous les hommes naissaient libres et demeuraient égaux en droits, gageons que personne ne le saurait.

Deux substantifs qui font fureur lorsque survient le débarquement du rejeton de la maman en cours :
travail et expulsion.
En d'autres termes : bienvenue sur terre !

Lucie Ceccaldi, 83 ans, ne décolère pas contre son petit, Michel Houellebecq, à qui elle fait un sort en l'obligeant tout bonnement d'aller " se faire foutre par qui il veut avec qui il veut. "
Encore une affaire de particules alimentaires.

* * *

Dans l'expression jeter un sort, on entend souvent, à grand renfort d'infiltrations subliminales, l'épithète mauvais.
Ce n'est pas bon.


* Laurent Morancé

2267 JOURS SANS ELLE...


Figures de style...

Par Laurent Morancé :: mardi 06 mai 2008 à 19:50 :: 01 - Mai 2008


Un nouveau style en pire...


À Grenoble, la maison natale de Henri Beyle, dit Stendhal (1783-1842), se trouve rue Jean-Jacques Rousseau.
Après enquête, ce n'est pas de la faute à Rousseau.

* * *

Aimer, c'est lutter contre la fatigue d'être soi, mais c'est aussi une genèse avant d'être un exode, un offertoire sacrificiel  avant une anamnèse commémorielle...


Baiser, rien d'autre qu'une victoire de l'éternité sur le temps qui passe, et, de manière concomitante et convulsive, une inscription de ladite éternité dans le temps qui passe, son incrustation dans la mort à chaque fois déjouée, et à chaque fois remise en jeu...

* * *

Plagiat.
On me rapporte que dans la blogosphère un type se prend pour moi qui écrirait comme moi et qui vivrait comme moi...
Outre le fait que l'écrivaillon en question soit peut-être moi, il me plait de recevoir ce copié-collé tel une croix d'honneur (les derniers mots de Madame Bovary).

* * *

Nicolas Sarkozy dans Philosophie Magazine (n° 8) :
" Au fond, le plus important, c'est le style, j'en suis persuadé. "

Pour Flaubert (bis), il y a, au fond de la bêtise, la " haine inconsciente du style ".

Fin d'après-midi, en rentrant chez moi, j'avise la vitre d'un édicule sur laquelle figure une affiche publicitaire pour le nouveau Fanta Still Tropical sans bulles, aux arômes naturels et sans conservateurs, avec l'accroche suivante : " Tout est dans le still ! ".
Bien vu. Arômes naturels et sans conservateurs, donc...

* * *

Relation dans son intégralité d'une conversation qui n'a pas (encore) eu lieu :

- C'est son élection que tu as en travers de la gorge ?
- Non. La démocratie, que veux-tu...
- Sa nuit au Fouquet's ?
- Non plus. Même si, calife à la place du calife, j'eusse opter pour l'hôtel Au Vieux Morvan. Affaire de style. Et de goût.
- Mitterrand, décidément.
- Mythe errant plutôt.
- Quoi ?
- Rien.
- C'est la fête donnée le soir même place de la Concorde qui n'est pas passée ?
- Justement, elle est passée. Et sur toutes les chaînes.
- Alors c'est quoi ? Sa croisière sur un yacht ?
- En ce qui me concerne, je suis plutôt du genre parties de pétanque avec les copains à Bormes les Mimosas et grillades de viande marinée sur la terrasse du fort de Brégançon, comme ça, à l'air libre, au-dessus de la Grande Bleue, en face du vaste horizon... Mais en vérité je me fous de sa croisière de luxe. Encore que, symboliquement...
- Stop. Je t'arrête tout de suite. On ne va pas entrer dans des querelles théologiques.
- En l'espèce, il s'agirait plutôt d'une remarque téléologique.
- Je ne comprends rien à ce que tu racontes.
- Pas grave.
- C'est son divorce qui t'a gêné ?
- Pas mon affaire.
- Dysney, Carla, les pyramides et compagnie ?
- Chacun sa vie.
- Mais alors quoi bon sang ? Sa montre en or et ses Ray Ban ?
- Rien à battre.
- Son gouvernement d'ouverture ?
- Quand on ouvre, on signe un contrat de gouvernement, une charte programmatique si tu préfères, avec les partis de la coalition souhaitée. Rien à voir, donc, avec le débauchage d'individualités, aussi compétentes et talentueuses soient-elles. Mais bon, peu importe.
- Tu ne lui reproches donc rien ?
- Si, une seule chose.
- Ah, j'y suis, son style.
- Peu me chaut.
- Bon, tu craches le morceau oui ou merde ?
- Eh bien, la seule chose que je maudisse et que je méprise chez cet homme...
- C'est ?
- C'est sa politique.


* Laurent Morancé

2264 JOURS SANS ELLE...


Nouveau souffle...

Par Laurent Morancé :: samedi 03 mai 2008 à 14:30 :: 01 - Mai 2008


Dessin de Philippe Geluck


Leurs
seins au soleil avant les saints de glace...


À propos de la récente visite d'Etat de Little Président en Tunisie, on pourra prendre la peine de parcourir les pages suivantes... Eloquentes.

Le célèbre portrait de Rimbaud le Voyant par Etienne Carjat (1872).
Il est déjà de l'autre côté tout en demeurant de ce côté-ci.

Ce mot dû au duo Deleuze-Guattari (Les Nouvelles, 3-9 mai 1984) pioché dans Le siècle des intellectuels de Michel Winock (Seuil, 1997) :

" Mai 68 est plutôt de l'ordre d'un événement pur, libre de toute causalité normale ou normative. [...] Ce qui compte, c'est que ce fut un phénomène de voyance, comme si une société voyait tout d'un coup ce qu'elle contenait d'intolérable et voyait aussi la possibilité d'autre chose. "

Quarante-deux ans aujourd'hui.
J'aurais donc débarqué sur terre le même jour que Nicola Machiavel - et trois jours avant Sigmund Freud...

Du camarade Georges Moustaki, autre natif du 3 mai :

" Nous avons toute la vie pour nous amuser et toute la mort pour nous reposer. "

Après le Coma de Guyotat et les Nouvelles orientales de Yourcenar, et toujours dans le théâtre de Sophocle, un livre à lire d'urgence : Le Grand Dérèglement, le roman libertin du XVIIIe siècle de Patrick Wald Lasowski (Gallimard/L'Infini, 2008) ;
à son sujet, la brillante recension de Cécile Guilbert, par ailleurs auteur d'un remarquable et remarqué Wharhol Spirit chez Grasset, dans la dernière livraison du Magazine Littéraire (N° 475, mai 2008). Extrait :

" [...] le libertinage possède son mythe d'origine (la Régence), son credo (le progrès de la raison par le plaisir), son programme (libérer les passions - encore un slogan de 68...), son genre littéraire de prédilection (le roman, à visée sexuelle pédagogique et féministe), sa langue (" foutro-critico-énergico-lubrique "), son efficace (la clandestinité), sa pulsion fondamentale (tout voir et tout dire), son principe de réalité (le vit, c'est la vie), et même sa négativité (le crime en série). "

Ajoutons à cela, si je puis me permettre, ma propre intervention sur la question, lisible ici, et, ma foi, tous ensemble, nous aurons eu droit à une bien agréable mise en bouche, si j'ose dire...

On passe au dessert ?


* Laurent Morancé

2261 JOURS SANS ELLE...


Trois petits tours...

Par Laurent Morancé :: vendredi 02 mai 2008 à 14:50 :: 01 - Mai 2008




Soleil frais.

Hier après-midi, brocante.
Avisant un vieux carton poussiéreux de livres écornés, je me dis que les ex-collégiens du coin (et leurs parents) se débarassent à bien peu de frais des pièces précieuses de Molière.
Drôle de théâtre.

Tu t'approches de la lampe miraculeuse, tu lui prodigues quelque frottement aladdinesque, mais hélas ! rien ne s'en échappe - et si c'était toi, le génie ?

Tu es belle et intelligente, rebelle et bienveillante, et tu m'aimes sans (contre)façon.
C'est dire si tu es une femme de goût.

C'est étrange : avez-vous remarqué que celles et ceux qui nous gouvernent, toujours en forme, bien coiffés, bien mis, organisés, ponctuels, proprets, surbookés et survitaminés, souvent mettent la tête dans le sable mais rarement sont surpris la tête dans le cul ?

Une femme, cet hiver : " Les pays arabes, quel problème ! Et toutes ces femmes voilées, les pauvres, comme privées de prendre l'air, de voir le jour... ", dit-elle en ôtant son bonnet, ses gants, son écharpe, son manteau et ses... lunettes !

Un type, à la fin du siècle dernier : " Des années comme ça non merci ! ", maugrée-t-il au pied de l'arbre de Noël sérieusement enguirlandé avant de reprendre un toast au foie gras de canard et de déballer avec empressement ses quatre cadeaux du soir.

Un bébé dans les bras de la parturiente, et c'est déjà un homme à la mer...

La désagréable sensation maintes fois éprouvée lorsqu'une personne pleine de componction me tend la main en détournant le regard, comme si, en simultané, elle m'adresse un au revoir...

Sexe et littérature.
Dans les deux cas de figure, l'essentiel est sous la couverture.

De Marguerite Yourcenar dans Nouvelles orientales (Gallimard, 1963) :

" Les cloches sonnaient le glas dans le ciel presque insupportablement bleu. Elles semblaient plus fortes et plus stridentes qu'ailleurs, comme si, dans ce pays situé à l'orée des régions infidèles, elles eussent voulu affirmer très haut que leurs sonneurs étaient chrétiens, et chrétien le mort qu'on s'apprêtait à mettre en terre. Mais en bas, dans la ville blanche aux courettes étroites, aux hommes accroupis du côté de l'ombre, on ne les entendait que mélangés au cris, aux appels, aux bêlements d'agneaux, aux hennissements de chevaux et aux braiments d'âne, parfois aux hululements ou aux prières des femmes pour l'âme récemment partie, ou au rire d'un idiot que ce deuil public n'intéressait pas. "

Ecrire comme ça.

Et ainsi de suite...


* Laurent Morancé

2260 JOURS SANS ELLE...