LE JOUR ET LA NUIT... (Ré)jouissances et résistances de Laurent Morancé... Carnets & Chroniques d'un auteur (presque) anonyme, esthète, épicurien et libertin, amoureux des arts et de la littérature, en guerre contre le Système...

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S'élever...

Par Laurent Morancé :: jeudi 15 mai 2008 à 18:30 :: 01 - Mai 2008


La croix du Nivolet dominant Chambéry (Savoie)...


Il s'agirait donc d'un accouplement avec l'ataraxie,  d'honorer un rendez-vous avec la paix, le silence, le soleil (?), la lune, les insectes - ah ! Les papillons ! -, les oiseaux de bon augure en leur ramage sériel, les fleurs sauvages, les arbres verts, les ruisseaux chantants, les pierres vivantes, oui, vivantes, un rendez vous avec mes livres (du moment), mon carnet de notes, mon stylo, un rendez-vous, enfin, avec moi-même, tout à la joie de me (re)trouver - j'espère...

L'espace-temps de quelques jours et de quelques nuits, caresser les sommets et tutoyer la canopée, être tout en étant ailleurs, et réciproquement...

Picasso : " Je ne cherche pas, je trouve. "

À lundi...


* Laurent Morancé

2273 JOURS SANS ELLE...


Bob départ...

Par Laurent Morancé :: mercredi 14 mai 2008 à 12:15 :: 22 - Requiem


Robert Rauschenberg
(22 octobre 1925 - 12 mai 2008)


Vous fûtes l'un des papes du pop art (bonne nouvelle : plusieurs papes dans votre église) ;
vous fûtes aussi, et vous le demeurez, le roi du collage (mauvaise nouvelle : j'apprends votre décollage)...


Là haut, si vous croisez qui vous savez - ce qui, entre nous, m'étonnerait fort -, de ma part n'hésitez surtout pas à le coller.

Et bise à Andy please - on ne sait jamais...



Réalisation de Robert Rauschenberg (1964)


Free box...

Par Laurent Morancé :: mardi 13 mai 2008 à 20:50 :: 01 - Mai 2008


Vue de la Giraglia
Photographie de
Patrick Bock



Onze mois que je l'ai rencontrée, ou bien plusieurs semaines, ou bien treize heures, ou bien sept secondes, ou bien un siècle, je ne sais pas, je ne sais plus, dans ma tronche et dans mes tripes tout se fait et tout se défait, tout fond et tout se confond, et c'est ainsi que tout s'effondre et que tout se fonde...

Elle ne me laisse pas tranquille, m'empêche de dormir, écrit mes cauchemars, fabrique mes rêves, m'accélère, me rembobine, me confine à l'état de veille, me proscrit les pauses, m'autorise les poses - et encore ! -, en permanence me fiche, me file, me filme et me flique, elle me flingue, elle me prend la main, souvent me prend par la main, parfois passe la main, me fait longer les eaux tranquilles du fleuve totalitaire, quand bien même je me retrouve les deux pieds dans la vase, me lance des promesses d'océan, de grand vent, de vaste horizon, me détourne des eaux tumultueuses, m'englue dans le cours liquide en crue, m'emporte au large, me fait chavirer, me retient captif sur son île, me prodigue de beaux gestes et me promet de beaux restes, elle me câline, me protège, me questionne, me renvoie à mes chères études, à mon silence-refus et à ma solitude-refuge, me fait bouffer mes régurgitations, boire ses poisons, se gausse de ma souffrance, se moque de ses propres convenances, se fout des circonstances et des contingences, elle fait les poubelles, (s'é)puise dans les sacs à merde, se goberge dans mes bacs à linge (sale), fourre son tarin dans le moindre de mes corridors intraveineux, agite le bâton et la carotte, manie le chiffon rouge comme le drapeau blanc, collectionne mes crottes de terre, cire mes bottes secrètes, expose mes déchets organiques à la vindicte poulaire, exploite mes écouteurs, explose mes forfaits, expurge mes efforts et mes faits d'arme, élucubre, m'enlise et m'encule, me casse les couilles, me fout la trouille, de la cave au grenier fouille et refouille, tient mon dossier à jour, expédie ses rapports à l'heure, me porte, me supporte, mais toujours rapporte, se lie avec le sublime, se ligue avec le spectacle, elle me sous-traite et me soustrait, me sous-paie, me piétine, me pollue, elle abreuve mes souvenirs et me nourrit l'âme, elle me pourrit la moelle, elle me tord les boyaux, me troue le cul, me triture les tripes, me pompe le dard, me dore la pompe, me suit, m'essuie, me poursuit, elle se cogne à moi, se frotte à moi - mais ne s'y pique pas -, fait ça comme personne, elle me rouille, me souille, me mouille, elle se mouille aussi, elle m'attire, m'attise, me tire, m'étire, elle me nargue, tous les jours elle me recrute, et tous les jours me congédie, elle me laisse faire, me fait chier, me fait gerber, elle m'épouse à reculons, mène la noce à tâtons, et ouvre le bal des cons,  mais demeure incapable de me répudier, elle fait de moi son bijou, sa fève, son poil, sa plume, elle est mon grain de sel, mon gorille, mon épée, mon épice, mon épouse, mon épouvantail, mon épreuve, elle est mon grain de sable - évidence ! -, elle est ma cervelle, mon coeur, mon foie, mes poumons, ma rate, mon sucre festif, mon suc digestif, mais elle est aussi la crasse incarnée, le désordre intégré, elle est une fêlure traumatique, un foutoir hystérique, un fatras magnétique...

Je m'éloigne - elle me montre son derrière, écarte les cuisses, crie, exhibe ses seins de feu (et de glace), s'exalte, exulte, c'est une sainte qui (me) touche, une salope d'autel, une vierge trouée, c'est, elle est, une déesse travestie en diablesse elle-même déguisée en messie, elle est songe et mensonge, projectionniste du vide et dialoguiste du pire, elle est mon bâtonnet d'encens, ma bougie au soleil, mon cierge émasculé, elle pue, elle me lèche et elle me suce, me tourne et me retourne, ses caresses me détournent, sa tendresse m'enfourne  (et me rend fou), elle m'excite, m'exhorte, et finalement m'expulse bien au-delà de ses territoires en jachère (déjà), elle est ma fraîcheur, mon frémissement, ma fièvre, mon frisson, elle est aussi ma recette, mon remède, ma réserve, ma ressource, elle est  LA réponse, elle est mon enfer quotidien, mon paradis perdu, ma crèche sélénienne, mon cimetière marin, elle est mon saint chrême suprême, ma cyprine divine, elle s'immisce jusque dans ma salive, mon sang, mon sperme, ma sueur, " sssssssss " dit-elle, elle est le serpent, c'est une vipère au point, un boa destructeur, une couleuvre, elle est mon oiseau des îles, mon aigle royal, mon albatros revenu, mon choucas abandonné, ma colombe estropiée, mon dodo génocidé, mon retour des cigognes, mon hirondelle primesautière, mon puffin métissé, mon vautour en suspens, elle est évidemment mon perroquet, elle est mon cheval de course, ma jument verte, mon innocent poulain, mon cheval de trait, mon cheval de Troie, mon chevalier d'Eon, ma transsexuelle de la matière, ma Louise Michel, ma Marie Marvingt, ma Mata Hari, elle est ma cigarette du condamné, mon tabac froid, mon antalgique, mon antidépresseur, ma came, mon eau fraîche, mon narcotique, mon vinaigre, mon viagra vulgaire, ma dragée haute, mon bonbon, elle est bonne poire, peau de banane, et c'est aussi une pomme, une pomme d'amour, mon sermon du jus de pomme, ma rainette pressée, ma golden girl, ma peau, ma pulpe et mes pépins, c'est une carne, une larve, une conne, une corne (d'abondance), une crosse, et c'est une bête à corne et ce sont des coups de crosse, elle est grosse et grossière, elle est son propre complexe, elle est illisible, indicible, invisible, indéfrichable et indéchiffrable, elle est mère, soeur, amante, prostituée, reine, elle est lune dans le caniveau des choses et soleil dans le tabernacle des vivants, elle est la tôlière du truc embrasé, la groom service de l'ancestral secret, la femme de ménage du miracle monstrueux, elle est la caissière, la tête de gondole, la promotion du jour, c'est un complexe commercial, un chariot métallique aux roulettes de cristal, un chariot qui déborde de fruits défendus, de légumes brillants, de viandes grasses, de vins capiteux, elle est l'entrée dans la fête, elle est une entrée de fête, elle n'est pas hors d'oeuvre, elle est chef d'oeuvre, plat de Résistance, elle est une farandole de desserts, ma bolée de miel, mon bol d'air, ma compote industrielle, ma propre pomme de discorde, elle est mon économie, ma politique, mon plan b, ma stratégie, mon armée de réserve, ma chapelle, ma cathédrale, mon divan, mon divan le terrible, elle est ma centrale themique, mon réacteur nucléaire, ma pile électrique, mon courant alternatif, ma lanterne magique, elle est un réverbère dans la nuit, oui, c'est exactement ça, un réverbère dans la nuit, elle est un phare, elle est accro, elle a les crocs, elle est à cran, elle est une accroche, elle est écriture, écrit vain, une clocharde céleste, une cloche muette, elle est papivore, elle est omnivore, elle est exclusivement carnivore, elle est mon frontispice, mon péristyle, mon tympan, mon blason, ma clé des champs, mon cadenas tout terrain, elle est mon anacoluthe, mon anaphore, mon apocope, mon oxymore, elle est mon synonyme, mon solaire solécisme, elle est ma bouée et elle est mon buvard, elle est l'essence et le sens, elle est l'absence hélas, elle n'a pas mais elle est...


- Elle est tout ça ?
- Bien sûr que non, espèce de gourmand invertébré.

Je veux bien vous la montrer, et si vous êtes sage, c'est-à-dire assez fous et tordus pour l'être, je vais vous la démontrer, et vous pourrez la monter, à votre guise, je vais vous faire entrer dans sa notion, son concept, sa valeur, son amphigourique définition, son énigmatique surnom, les arcanes et les méandres de toute son existence, bien sûr je n'ignore pas leurs fusils d'assaut braqués sur nous autres moutons engourdis, leurs grottes à fromages moisis, leurs grandes et laides toiles de maîtres chanteurs, leurs jalousies magnétiques, leurs enfances étouffées, leurs comptabilités truquées, leurs boutiques de pastiches et de postiches, mais je m'en tape et m'en taperai jusque dans la tombe, et l'on oubliera ma tombe, et l'on oubliera la vôtre, vous verrez...

Allez, j'y vais, je fonce, j'enfonce, et j'enfonce même les portes ouvertes...


Pour la voir, la sentir, la toucher, l'écouter, la goûter, pour lui sauter dessus, la baiser dans les eaux limpides du fleuve (les eaux, finalement, sont limpides), pour lui faire l'amour, ne pas oublier son image, son visage, et jusque son âge, pour enfin la guider dans vos sentiers tortueux, et, en fin de compte, pour lui demander sa main tout en lui donnant la vôtre - et peu importe les retombées, les rancunes, les remords, les rapports au siège (social), les renvois empoisonnés d'ascenseur énervé, les remember et les remake, les retours en arrière, les retours de bâton -, oui, pour tout ça, veuillez avoir l'obligeance, frères et soeurs de chair, d'os et de sang, de cliquer ici...


* Laurent Morancé

2271 JOURS SANS ELLE...


Quai des brumes...

Par Laurent Morancé :: lundi 12 mai 2008 à 20:50 :: Général


Ligne 14 du samedi
Photographie de Magnolia


"  Le problème avec la vie, c'est que l'on ne sait vraiment pas du tout ce qui se passe. "

Philip Roth in Tromperie (Gallimard, 1990)


Rose grenadine...

Par Laurent Morancé :: samedi 10 mai 2008 à 19:30 :: 01 - Mai 2008




L'été en pente douce.

* * *

10 mai 1981.
La mine déconcertée, figée, la mine déconfite de Jean-Pierre Elkabbach, sur Antenne 2, peu après qu'il a vu apparaître sur l'écran cédeuzionewelbulien, au prix d'une antique image de synthèse accouchée au forceps (vingt-trois ans de grossesse, ça use), le visage de l'impénétrable impétrant.
Ce soir-là, à vingt heures très précises, la figure du président élu, découpé en bandes horizontales, se déploya progressivement, de haut en bas, sur les téléviseurs de la Gaule aux aguets.
Valéry Giscard d'Estaing et le candidat socialiste tous deux dégarnis, du haut de mes quinze ans, je me souviens avoir tremblé aussi fort que mes parents, mais dans le sens inverse (dans les années 60, les chiens faisaient des chats).
En deux temps trois mouvements Hitchcock relayé au rang de majorette municipale...
Et puis champagne !
Pour ma part, mon jeune âge (?) trempé dans une atmosphère dominicale et familiale plus que " serrée ", ce furent un verre de grenadine et l'appel de la couette, une couette rouge et noire aussi douillette que dérisoire - et pour vous ?
Mon état de grâce n'aura donc duré que vingt minutes...
Mais ce soir-là, c'est surtout Jean-Pierre Elkabbach qui aura eu une tête de vainqueur...

Toute la nuit du 10 au 11 (le joli mois de mai décidément), folie furieuse et joyeuse dans toutes les grandes villes de France, et particulièrement à Paris, et précisément place de la Bastille (L'Internationale se substitua à La Marseillaise ; le Peuple de Gauche, enfin parvenu au terme de la longue marche qui mène au pouvoir, hissa haut et fort les slogans et les pavillons de la victoire ; et tout le bastringue).
Dans le ciel de la capitale, déjà menançant, des trombes d'eau se greffèrent à la fête qui éventrèrent les parapluies, comme pour éteindre un incendie en souffrance - et puis n'avait-on pas prédit l'invasion prochaine de la place de la Concorde par les blindés soviétiques... ?
La Concorde, la place de Little Président.
En 2002, Chirac optera pour celle de la République, " La République est entre vos mains ", nous aura-t-il prévenu dès les résultats du premier tour connus, remarquez, il se sera effectivement agi d'un choix entre la république et le porc de l'angoisse (j'excelle en orthographe).

Retour au 10 mai
La place de la Bastille sous nos pieds (comprendre la Bastille à nos pieds).
Eclairs, tonnerre et pluie toute la nuit, une pluie d'abat sans pudeur sur les fêtards aveugles et sourds (bah oui), la rose brandie vers l'injuste ciel en lieu et place des révolutionnaires outils aratoires...
Elles ont des épines et elles se fanent vite, les roses.

* * *

François Mitterrand, donc...

L'homme des parts d'ombre et de lumière, du choix définitif de l'ici et du maintenant...
L'homme pétri d'humanisme et rempli de fatuité...
L'homme des coups de blues, des coups d'éclat et des coups de Jarnac...
L'homme bulldozer et boxeur et l'homme funambule et charmeur...
L'homme qui aura " débordé sa propre vie " (Jacques Chirac)...
Mitterrand et son passé décomposé, son temps de l'imparfait, en tout cas un passé pas très simple...
François Mitterrand et Vichy, et ses fréquentations plus que douteuses, et son entrée de fait dans la Résistance...
François Mitterrand et sa pratique sophistiquée du mensonge, et son art et sa technique si subtils pour dissiper les illusions et tuer dans l'oeuf les malentendus, et ses dizaines d'affaires en eaux glauques, et son mal caché, combattu seconde après seconde, puis révélé - " un combat honorable à mener contre soi-même " -, et ses deux femmes, au moins, et ses drôles d'enfants...
François Mitterrand de Latché et de L'Elysée...
François Mitterrand le morvandiau et le parisien...
François Mitterrand l'africain, l'égyptien, le solutréen et le vénitien (il aura eu l'histoire de sa géographie)...
François Mitterrand à Sarajevo, au péril de sa vie, flanqué de l'insondable Bernard Kouchner (déjà ministre)...
François Mitterrand et ses amis honorés, promus, récompensés, enrichis, et ses amis oubliés, reniés, disparus, suicidés...
François Mitterrand et la question de Dieu - testament : " Une messe est possible " -, et celle du Temps - " Laisser le temps au Temps " -, et celle de l'Eternité - sur le chemin du Panthéon au premier jour de sa présidence -, et celle de la mort - " Je crois aux forces de l'esprit "...
François Mitterrand et son amour pour les arts et pour les lettres - et jamais de fautes de français (suivez mon oreille) ni de fautes de goût (suivez mon regard)...
François Mitterrand et sa soif inextinguible de Vie plus que de Pouvoir (appréciation personnelle)...
François Mitterrand et sa politique, surtout : l'abolition de la peine de mort, l'invention du R.M.I., la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux, la dissolution des tribunaux militaires, la décentralisation, des envolées grandioses au Bundestag et à la Knesset, la construction européenne, l'amitié franco-allemande revisitée et revivifiée...
François Mitterrand main dans la main avec Helmut Kohl, à Verdun, et quelques années plus tard les larmes du grand Chancelier fatigué pleurant son ami défunt en la cathédrale Notre Dame de Paris...
François Mitterrand et vous...
Tonton et moi...


Certes, nombre d'ingrédients étaient réunis pour que je le détestasse, ce vieux renard des surfaces et des tissus, et pourtant je l'ai respecté, je l'ai soutenu, et pour tout (vous) dire je l'ai même aimé.
Sans amertume.
Et sans honte.

Je l'imagine, aujourd'hui, de retour parmi ses camarades en politique, rue de Solférino, les considérer longuement et tristement, avant de puiser dans son carquois une flèche aigre-douce, à l'instar de celle-ci, par exemple, débusquée dans L'Abeille et l'Architecte (Fayard, 1980) :

" Qui a peur de son ombre attend midi pour se lever. Pendant ce temps, les autres courent. "

* * *

" Je vous demande ce soir d'avoir une pensée pour cette partie de la France qui ne partage pas notre joie. "

Mots prononcés le 10 mai 1981, place de la Bastille, par un certain Michel Rocard...

* * *

La mort de Pascal Sevran éveille en moi quelque reviviscence...
Ici et maintenant, mon bon souvenir convoque à l'appel l'inénarrable Georges Marchais (encore un atomisé par feue la Force tranquille) en train d'apostropher un journaliste en ces termes, en direct, à la télévision, un journaliste qui, ces temps-ci, a manqué à la courtoisie la plus élémentaire et à la déontologie la plus formelle - c'est le moins que l'on puisse dire  :


" Taisez-vous Elkabbach ! "


* Laurent Morancé

2268 JOURS SANS ELLE...


Alea jacta est...

Par Laurent Morancé :: vendredi 09 mai 2008 à 17:00 :: 01 - Mai 2008




Orbe solaire tout d'or paré et ciel céruléen - poésie de chiottes quand tu me tiens...

* * *

La Birmanie, ou quand la nature s'en mêle...

De Aung San Suu Kyi, née en 1945, prix nobel de la Paix en 1991, assignée à résidence par la junte militaire, dans Se libérer de la peur (Editions des Femmes, 1991) :
" Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui l'exercent, et la peur des matraques corrompt ceux qui y sont soumis. "

* * *

François Mitterrand, et le recours et le secours de l'Egypte pour y vivre son dernier Noël...
Noël et Fuite en Egypte, vieille histoire...
" La Momie ", dit du prédecesseur de Jacques Chirac le narrateur de Sudio (Gallimard, 1997) - l'un des meilleurs romans de Sollers
- sans pour autant le nommer...
Sur la Toile et sur les murs, Little Président se fait régulièrement surnommer Sarkophage...
Absence congénitale de pharaon.

Travailler moins pour mieux (s')épargner selon le grand humoriste américain Will Cuppy (1884-1949) :
" La forme même des pyramides d'Egypte montre que déjà les ouvriers avaient tendance à en faire de moins en moins. "

J'en prends le pari : Jean-François Champollion aura autant peiné et sué pour déchiffrer les hiéroglyphes que votre serviteur pour former un c cédille majuscule avec son clavier.
Ca c'est vrai ça !

* * *

Mettons le nez dans le cambouis, et nous aurons les mains propres.

" Chacun ses oignons ! ", répondit X. en pleurant.

L'écriture aromatisée de Beckett dans En attendant Godot (Editions de Minuit, 1952) :
" Tu pues l'ail ! ",  lance un clochard à son compagnon d'infortune (Vladimir), le clochard en question répondant au nom d'Estragon.

" Je ne suis pas pour mais je n'ai rien contre ", réagit M. en mesurant le pour et le contre tout en se tournant les pouces.

* * *

Pourquoi un tel acharnement à prétendre que la distance la plus courte pour rallier un point à un autre soit la ligne droite alors que la terre est ronde ?

Et pourquoi cette infinité de décimales pour aller de 1 à 2 alors que précisément les trotteuses de toutes les montres du monde ne mettent qu'une seconde pour rallier 1 à 2 ?

Deux - Duo - Duel
La trinité enfin révélée.

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Si tous les hommes naissaient libres et demeuraient égaux en droits, gageons que personne ne le saurait.

Deux substantifs qui font fureur lorsque survient le débarquement du rejeton de la maman en cours :
travail et expulsion.
En d'autres termes : bienvenue sur terre !

Lucie Ceccaldi, 83 ans, ne décolère pas contre son petit, Michel Houellebecq, à qui elle fait un sort en l'obligeant tout bonnement d'aller " se faire foutre par qui il veut avec qui il veut. "
Encore une affaire de particules alimentaires.

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Dans l'expression jeter un sort, on entend souvent, à grand renfort d'infiltrations subliminales, l'épithète mauvais.
Ce n'est pas bon.


* Laurent Morancé

2267 JOURS SANS ELLE...


Guerre et Paix...

Par Laurent Morancé :: jeudi 08 mai 2008 à 10:50 :: 19 - (Ex)citations


Sir Winston Churchill (1874-1965)


Extrait d'une Lettre à Neville Chamberlain adressée peu après la signature des Accords de Munich (1938) :

" Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. "


Et, du même cave à cigares, ces paroles prononcées à l'occasion d'une conférence donnée en mars 59 :

" Après la guerre, deux choix s'offraient à moi : finir ma vie comme député ou finir comme alcoolique. Je remercie Dieu d'avoir si bien guidé mon choix : je ne suis plus député ! "